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Restaurant le Lotus Club, Marrakech

Published on 20/11/2010, by in Maroc, Restaurants.

La classe. La classe internationale. Ce sont probablement ces mots – que j’abhorre – qui trainaient dans la tête de celui qui a conçu le Lotus Club de Marrakech, ce lieu qui, dans sa quête de grandeur cosmopolite, s’est écrasé le nez sur la paroi invisible de ses propres limites très locales.

Pimp my beur

Rassurez-vous, il n’y a rien de totalement rédhibitoire, simplement tout semble fait pour plaire à la cagole trop maquillée, la tropézienne trop bruyante, ou au mec à la chemise trop déboutonnée sur un tapis de poils dans laquelle se perd négligemment une croix, une étoile ou une main. Comme une voiture trop tunée en weekend. Le vestibule, qui met en avant une reproduction du LOVE de Robert Indiana, incite d’abord à l’indulgence, mais l’accueil d’une hôtesse qui a raté de peu son diplôme de péripatéticienne remet rapidement les pendules à l’heure.

Dyslexie apéritive

Reste une ambiance agréable dans le jardin qui coupé de l’extérieur et de la circulation, bien qu’un peu bruyant, dans la douce chaleur de la fin de l’automne. Je commande un Dry Martini, vient un Martini Dry. Ca commence à faire beaucoup, surtout lorsque le cocktail arrive à la 25ème minute après la commande. Mais, entêté, je me concentre sur la carte. Le chef Jacques Ruivo est un ancien émule de Jacques Cagna, que j’ai eu l’occasion de rencontrer ça et . Un article du Figaro imprimé en 2ème de couverture du menu chante ses louanges. Chelou.

Une idée originale de l’élégance

J’ignore s’il s’agit d’une édition marocaine du journal, toujours est-il que l’on frise le burlesque lorsqu’on parle de “l’élégance de l’assiette”, puisqu’il s’agit probablement du pire dressage que j’ai pu constater depuis le Renard ! Autrement, que ce soit les noix St Jacques rôtis,  ou le pageot a la plancha accompagné de son écrasé de pomme de terre, il n’y a rien de mauvais, mais rien qui casserait trois pattes à un chameau non plus. C’est tout à fait mangeable, mais de là à s’ébaudir, il y a un pas que je ne franchirais que sous la menace d’une nuit avec Alain Minc.

Après dîner, le bar accueille nombre de badauds venus s’enivrer à coups de cocktails terriblement tassés. La recette est efficace : il y a du monde, le monde est ivre. A la sortie, on en a facilement pour 50€ par tête, soit une petite fortune pour le coin, une addition à l’image du lieu : vulgaire.

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Lotus Club, restaurant in Marrakech

Classy. I hate the word but I believe the one who committed this place had it in mind when designing it. By trying too hard to hit the cosmopolitan spot, the Lotus Club has discovered their own limits at their own expenses.

There is nothing totally repelling, but everything seems to be designed for the high street scallie on a saturday night, or the guy whose short is widely open on a proudly hairy torso. Like a pimped up ride. A reproduction of the Robert Indiana’s “LOVE” lies in the entrance first brings a smile, but the vulgarity of a hostess who probably failed to pass her escort diploma keeps the level as low as it gets.

Yet the general atmosphere in the inner garden on a late autumn evening, cut from the rest of the world, is pleasant, though a bit noisy due to the traffic. I order a Dry Martini, comes a Martini Dry. 25 mn after ordering. Whatever, I focus on the menu and realize that Jacques Ruivo is a disciple of Jacques Cagna, a Parisian chef I met several times. A press clip from a major French newspaper le Figaro suspiciously praises his skills.

I really don’t know where the clips comes from it’s about the “elegance of the dish”, whereas the presentation of the dishes is one of the worst I’ve seen lately. Othrerwise, the roasted scallops or the red sea bream served with mash potatoes are OK. Nowhere outstanding but completely edible. There is nothing much to say about it.

After the meal, the bar inside welcomes another crowd, who come for the terribly heavy drinks served there. And it works pretty well: there are people and the people are drunk. When going out, a 50€ ticket is due, quite an amount for the country, but anyone could say that the bill fits the place: vulgar.

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2 Responses

  1. 50€ pour ça à Paris ça fait de la peine, mais pour là bas, c’est horrible!
    clientèle locale ou touristes?

    Y a-t-il au moins un orchestre qui joue Bambino comme dans OSS 117?

    http://www.youtube.com/watch?v=FYxPpx1yCY4

  2. J’avoue que je ne connais pas assez bien Marrakech pour contourner les embuches touristiques. A vrai dire, je n’ai pas même cherché à le faire. Donc le Lotus Club est bel et bien d’un lieu de sortie pour bons français. Pas de bambino, seulement des bimbos.

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