Le Severo, restaurant à viande et à Paris
En anglais, on dit “comfort food” pour nommer cette nourriture qui fait plaisir autant à l’estomac qu’au moral, sans arrière-pensée, et surtout sans culpabilité. Oui, aujourd’hui manger est devenu un acte coupable, à cheval entre le politiquement incorrect et le désastre écologique, surtout lorsqu’on consomme une grande quantité de vache, ces vilaines bestioles qui pètent plein de méthane et réchauffent mémé.
Hédonisme égoiste
Mais en ai-je vraiment quelque chose à faire ? La réponse est d’une simplicité enfantine : non. Un “non” catégorique, suivi d’un “bordel” fantasmatique. Non, bordel. Aussi, lorsque Christophe et Oanèse m’appelaient au dernier moment pour partager un joli steak, hésitai-je à peine. Après une rentrée de voyage en catastrophe pour reprendre le travail et quelques autres pépins, il était impensable de rater un épais faux-filet de 300 grammes accompagné de belles frites maison, dorées voire roussies ce qu’il faut.
Tendre pêché
La petite assiette d’asperges au préalable n’était qu’un leurre me permettant de dire du mal plus tard et lâcher un bémol – après avoir goûté les asperges d’Argenteuil, toute autre asperge est une farce -. La viande, si elle me paraît cher, est de fort bonne qualité puisque William Bernet a les mêmes fournisseurs qu’Hugo Desnoyer. Tendre, juteuse, légèrement persillée, avec ce qu’il faut de gras. Ce n’est certes pas de la gastronomie, mais juste une table avec de bons produits (toute personne essayant de vous faire croire le contraire ou employant des superlatifs mérite une minuscule cordelette pas chère pour la pendaison), mais ça fait un bien fou. La soupe à la fraise à la fin aussi.
Les vins ? Le Côte de Nuit 2006, un peu faiblard, j’avoue avoir fait un choix qui ne faisait pas le poids tant en tannin qu’en arômes. La carte proposait bien mieux par ailleurs, mais la facture aurait été nettement plus lourde.
Le baume au moral est facturé 70€ par personne avec le vin, le prix d’un bon psy.
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Severo, meat restaurant in Paris
In English, we call it Comfort Food, but in French there is no such word to describe a meal that brings pleasure to both belly and mind, rid of guilt and afterthoughts. Today, eating has become a shameful activity, politically incorrect and eco-unfriendly, especially when you want these bad, bad animals named cows, which produce loads of methane.
Selfish hedonism
But do I care? Absolutely not. So when a couple of friends called me for a tasty steak after work, I hardly hesitated despite the exhaustion. It was unthinkable to miss a thick sirloin steak and delicious handmade french fries.
A tasty sin
The dish of asparagus I started with was merely ordered so that I had something to complain about afterwards, I wasn’t expecting anything great. On the opposite, the meat was indeed very good, despite the fact that I think it’s really expensive. Tender, juicy, with parsley notes. Of course, it is nothing like gastronomy, just a restaurant serving good products, but it feels so good! Including the strawberry soup in the end. The wine I picked, a 2006 Côte de Nuit, was admittedly too light. The winelist had much more to offer, but the bill would have rocketted.
Price of the comforting evening out: 70€ per person, drinks included.
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Le Severo
8, rue des Plantes 75014 PARIS
Tél. 01 45 40 40 91
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