La Bastide Odéon de Gilles Ajuelos, Paris
Jamais je ne me lasserai de louer la simplicité . Pas le simplisme, entendons-nous bien. Car si la simplicité ne s’oppose pas toujours à la sophistication, elle en est parfois l’aboutissement. C’est ainsi que je passai l’autre soir une soirée aussi belle que simple.
Recette de la parfaite virée
Les ingrédients ? un ami, du style et un steak. Plus prosaïquement : prenez un ami de longue date, de ceux avec qui vous pouvez deviser à bâtons rompus. Ajoutez-y une vieille anglaise décapotable, pas une voiture de sport de parvenu. Déambulez longuement dans Paris à la recherche de la terrasse perdue jusqu’à ce que le soleil se couche dans un halo mauve et orangé. Cassez-vous les dents sur plein de restaurants complets. Enfin, retombez sur vos pieds en allant chez un chef rencontré longtemps auparavant et dont le nom vous revient comme par miracle.
C’est ainsi que vous vous retrouvez à la Bastide Odéon, chez Gilles Ajuelos (un disciple de Maximin et de Rostang), devant une généreuse côte de boeuf de Hereford, cet irlandais que j’ai pu goûter ça et là sans m’ébaudir outre-mesure. Las, le chef n’est pas là, la salle est pleine de touristes pas très beaux, la décoration est digne d’un restaurant pour riches retraités du fin fond du 7ème arrondissement, mais l’accueil est à peu près convenable.
Le bel ordinaire
Mais on s’en fiche, l’entrée, un alibi d’avant viande – une salade de sucrine et d’artichauts -, passe et la pièce de Hereford est pour une fois réussie dans sa cuisson, fondante mais ferme ce qu’il faut, avec des accents persillés et, comme toujours un peu maigre, voire trop. Avec un petit Givry 1er cru 2007 du domaine Mouton, un rouge étonnamment développé pour son jeune âge, sa petite légèreté d’entrée toute bourguignonne, ses arômes de sous-bois et ses notes de fruits rouges un peu trop prononcées, la viande prend toute son ampleur et exprime sa vigueur. Et voilà, pas de quoi prendre la Bastide.
135€ à deux. C’est simple, non ?
——————————————————————————————————————————
La Bastide Odéon by Gilles Ajuelos, restaurant in Paris
Never will I cease to praise simplicity. For simplicity is not always opposed to sophistication, sometimes it represents its ultimate outcome. Thus I had a simple and lovely evening the other day.
Recipe for the perfect night out
All you need is: a friend, some style and a steak. But let’s be more specific. Take an old friend, the kind you can freely speak to for hours. Add an old English convertible, preferrably not an upstart’s conspicuous sport machine. Then cruise through Paris for hours looking for the right terrass until the sun goes down in an purple and orange sky. Fail to find a table in your favourite places. Finally remember the name of a chef you met a while ago.
That’s how I ended up at la Bastide Odeon, at Gilles Ajuelos’ place (he is a disciple of Maximin and Rostang), having a Hereford ribsteak. I already tasted this beef twice before, but never was impressed. Unfortunately, the chef wasn’t there, the room full with ugly tourists, and the deco looked like it was designed to please old rich and retired, but then again, the welcome was almost acceptable.
Nice and ordinary
But I could care less. The first course, made of salad and artichokes, was nothing but an alibi before the meat that was nicely cooked (for once). It melts in the mouth while staying consistent enough, with parsley flavours, but as usual a bit short on fat. Served along with a 2007 Givry 1er Cru from Domaine Mouton, a surprisingly well-matured red wine, the meat unleashes all its power. Et voilà.
Thta’s it. 135€ for 2 persons. Simple enough, non?
—————————————————————————————————————————————–
La Bastide Odéon
7 Rue Corneille 75006 PARIS
Tél. +33 (0)1 43 26 03 65
Site Internet : http://www.bastide-odeon.com/
Crédit photo : site Internet bastide-odeon.com
1 Commentaire
Laisser un commentaire



Ajuelos a vendu.
Tu as une idée d’où il va aller (est allé) à la place, ou s’il arrête?
Et est-ce que tu connais les remplaçants (Mousset et Bailleul)?