Mr Lung

Chez Pierre avec le Club CAC40 et Cigarmania

Fumer dans un lieu public est devenu un acte de rebellion, pas des mégots frelatés mais des puros charnus aux accents d’Amérique Centrale il va de soi. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je répondis à l’invitation de l’ami Alain Neyman lorsqu’il me proposait de le rejoindre à ce dîner exclusivement masculin au restaurant Chez Pierre placé sous l’égide des volutes.

Mise en bouche
Le propre des clubs de cigare est rarement l’ouverture d’esprit et la simplicité. En général, vous vous retrouvez face à des mines patibulaires de conspirateurs quinquagénaires dont la suffisance est à la mesure de la réussite sociale et de la taille du barreau suspendu aux lèvres. Mais Chez Pierre, je dois avouer que le premier contact fut chaleureux. Le temps de s’armer d’un bel Hoyo de Monterrey Epicure Especial, une ogive moelleuse aux accents de velours et on s’attaque au bar où est proposé un cocktail au champagne dont la seule trace sera un rond humide sur un comptoir. Dans un nuage épais stagnant, la conversation s’emballe, non tant autour du tabac que des sujets de la vie, ce qui est rassurant, rien de pire qu’une bande de geeks du cigare qui s’épanchent sur leurs tourments fumigènes !

Puis Eric Sertour présente à la quarantaine de convives des deux clubs sa fricassée d’escargots au vin de noix aux jambon et croutons. Bien que capiteux, les arômes de terre et de vin mêlés peinent à surnager faute de densité, mais l’entreprise est honnête. Le suprême de pintadeau farci aux truffes et persil en revanche déroule avec nonchalance des saveurs disparates et des rugueuses textures davantage destinées à rassasier qu’à séduire. Je reste sur ma faim.

Solide contre fumée
La Fourme d’Ambert sur gelée de Porto, pommes acidulées et céleri boule d’or présente davantage de caractère. Enfin, la faute à une discussion qui se prolonge, j’ai sauté le dessert ! En ce qui concerne les vins, après un blanc anecdotique, Eric Sertour, sommelier renommé, avait sélectionné un rouge avec une grande dominante de syrah capable de soutenir le rythme d’un robusto Cahiba, pari gagné.

Concevoir un menu accompagné de cigares différents tout du long est une tâche ardue. A faire trop fort, on peut véritablement rendre malade son client, trop en nuances, il en oublie la nourriture. Mais pour une somme forfaitaire de 65€, cigares compris, j’estime que l’expérience était honorable car, derrière l’événement, il y avant tout la quête du plaisir et le refus d’une table aseptisée. Chaque bouffée est un majeur levé au politiquement correct et ces imbéciles de la DNF.

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A Cigar Meal at Chez Pierre, Restaurant in Paris

Smoking in a restaurant has become somewhat an act of rebellion. Not ciggies, of course, rather some generous puros from overseas. And this is why I was so pleased to accept an invitation to a cigar meal Chez Pierre with two notorious clubs.

First sight
Most cigar clubs aren’t renowned for their open-mindedness and simplicity. Most of the time, you end up facing sinister faces of middle-aged conspirators whose self-importance and social situation equal the size of the cigar their smoke. I have to admit that the first contact at Pierre’s differs from the cliché. As soon as I got hold of a nice Hoyo de Monterrey Epicure Especial, I was ready to storm the bar where a forgettable champagne cocktail was served. In the thick smoke, I was pleased to eavesdrop conversations unrelated to cigars, for I really didn’t want to spend time with cigar geeks!

Then, Eric Sertour presented the meal to the 40 guests, starting with a snail fricassee with nut wine, ham and croutons. The soil and wine aromas were strong yet unable to emerge from the smoke flavours, but the intentions were good. The young guinea fowl supreme stuffed with truffle and parsley, on the other hand, had nothing but sparsed flavours and a rough textures to offer. Satiety without seduction.

Solid versus Smoke
The Fourme d’Ambert cheese with Porto wine jelly, acid apple and “boule d’or” celery had a lot of personality to show. After that, due to a long discussion, I skipped the dessert. About the wine, Eric Sertour is a notorious sommelier first picked an average white wine, but he then showed a great sense of harmony with a 90% syrah able to sustain a powerful Cohiba Robusto.

To sum it all up, creating a menu with cigars is a tough job. If the flavours are too strong, the client may end up sick for good, and the opposite leads to boredom. At Pierre’s, I consider myself content for I had to 65€ including the two cigars for the experience. Beyond the evening, there is a quest for pleasures which goes against the sanitized society we live in. Each puff is a middle-finger against policital-correctness.

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Chez Pierre
10, rue de  Richelieu 75001 Paris
Tél. : 01 42 96 09 17

Site Internet : www.pierreaupalaisroyal.com

Crédits Photo : Alain Neyman

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