Mr Lung

Restaurant Ô Rebelle, Paris

L’inscription “restaurant gastronomique” laisse quelque peu perplexe sur la rue Traversière, à une centaine de mètres de la Gare de Lyon. Et pour cause, on a plutôt l’habitude de voir s’étaler quantité de fast food et de brasseries aux cuivres malhonnêtes aux environs des gares de France. Mais le nom d’Ô Rebelle résonne déjà comme une figure héroïque qui, contre vents et marées, va se dresser contre la médiocrité ambiante.

Où ça la rebellion ?
Peine perdue. Si vous frissonnez à l’idée de surprendre un aristocratique Jimmy Dean posant nonchalant dans un recoin, la sans-filtre pendouillante, passez votre chemin. D’ailleurs, je me demande comment quelqu’un a pu tenté d’affubler un restaurant d’un tel nom avec si peu de transgression à la clef. Pourtant, sur le papier, Kigawa Michihiro, qui a succédé à Makoto Aoki, est un japonais formé dans des maisons françaises telles que Jacques Maximin à Vence ou Alain Ducasse à Monaco, combinant l’ici et l’ailleurs, laissait présager une fusion intelligente à la Nobu, ou mieux à la William Ledeuil.

Foi
Il est midi, rendez-vous boulot informel, la salle est presque pleine, la serveuse est seule. L’attente est poussive. La déco oscille entre Ideat 2004 et Valérie Damidot 2009. L’escabèche de sardines sur son lit de quinoa et surmontée de sucrine quant à elle, est stimulante mais la note majeure, triomphante et hégémonique manque à l’appel. Même sort pour les noix de saint-jacques poêlées, là où je m’attends à un festival de saveurs tout en subtilité, je me retrouve face à un jeu timoré où le champignon de Paris parvient à terrasser les épices tel un Petrucciani assommant un Tyson. Les palais trop occidentalisés ont toujours tendance à taxer de fadeur certaines subtilités orientales, dans le cas présent, les saveurs sont là, mais il manque un parti pris franc, un dernier tour de rein. La fusion ne peut se contenter d’incarner une tiédeur à mi-chemin entre Osaka et Béziers, or l’assiette d’Ô Rebelle est pâlichonne.

Il faut bien compter 50€ par tête pour un déjeuner, et si on est loin de la punition au vu de la qualité des ingrédients, je pense que c’est cher payé pour le résultat. A tester uniquement si vous êtes dans le quartier.

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Ô Rebelle, restaurant in Paris

The “Gastronomic Restaurant” writing on that street feels misplaced for we’re all so used to see only fast foods and dodgy bistros around railway stations. But the Rebel name sounds like a thorn in the side of the mediocre surroundings. Or so you think. Because if you already pictured some cool and aristocratic Jimmy Dean posing and casually smoking in a corner, you couldn’t be more wrong. I really wonder who could’ve come up with that name with that kind of cuisine.

Rebel without a pose
Chef Kigawa Michihiro, who has taken the succession of Makoto Aoki and was trained in major venues such as Jacques Maximin in Vence or Alain Ducasse in Monaco, combines his Japanese and western cooking, which reminds me of Nobu or William Ledeuil at Ze Ktichen Galerie. Anyway, it’s noon, I’ve got an informal business meeting and the room is full, which makes the waiting a bit too long with only one waitress. The decoration is a time travel back in 2004.

Faith
The Vinegar sardine with quinoa and lettuce tastes nice as a starter, yet lacks somehting that would’ve made it major and compelling. Same story for the panfried scallops, I expected a subtle sophistication but all I got was a timorous mix where the mushrooms were stronger than spices, like in the victory of David against Goliath. Oriental flavours are sometimes too faded to fit western tastes, however in the present case, I would say that everything lacks of strength and somehow conviction.

A lunch meal costs around 50€, which is a bit expensive on my opinion, because although the products are good, the result is not up the expectations. However, if you’re around, you might find the place pleasant.

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Ô Rebelle
24, rue Traversière Paris 75012.
Tél. 01 43 40 88 98
Fax 01 43 40 88 99
Site internet : http://www.o-rebelle.fr
7 commentaires

7 Commentaires

  1. Chrisos 27 February 2010 19:45

    Jacques Maximin, pas Maximan.
    as-tu testé Makoto Aoki, rue Mermoz?

  2. mrlung 28 February 2010 15:14

    Si tu n’étais pas déjà horriblement surpayé pour faire des maths, je te proposerais un poste de SR ! ;-) Merci pour la correction.
    Non, je n’ai pas encore eu l’occasion de goûter Aoki, d’autant plus que mon séjour dans le quartier m’a passablement dégoûté du coin, et toi ?

  3. Chrisos 28 February 2010 18:27

    horriblement surpayé, on verra dans quelques semaines, pour l’instant, je suis surtout d’un rapport qualité prix défiant presque toute concurrence!

    ayant encore la “chance” de bosser dans le quartier, j’y vais environ une fois par mois, leur formule du midi me change agréablement

  4. cannet 2 March 2010 16:37

    Ahhh tu avais repéré le prix ;-)
    Mauvais karma donc; je comprends mieux ton départ précipité ;-)

    Tu aurais du gouter le dessert!!!

    PiR

  5. mrlung 2 March 2010 16:56

    Je n’ai jamais dit que c’était dégueu, Pierre ! C’était pas mal mais il manquait un petit quelque chose… Je pense que le départ d’Aoki n’a pas forcément été bien vécu. Enfin, je t’avais prévenu que j’étais un chieur ;-)

  6. cannet 4 March 2010 13:11

    je sais, je sais…j’imagine (j’espère) que c proportionnel au talent (comme le trac!)….

  7. mrlung 4 March 2010 14:33

    Des talents, moi ? Que nenni, c’est un pur plaisir que de cracher dans la soupe, point !

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