Sobane, restaurant coréen à Paris
La rue de la Tour d’Auvergne, c’est glauque et moche, perdue au milieu de ce quartier nouveaux riches qu’est devenu le 9ème arrondissement. Heureusement, il y avait jusque-là Daniel Rose avec Spring puis la Table 28, mais il va partir. Reste Sobane, ce coréen qui, faute de briller, a bien des atouts pour plaire, sans ostentation.
La devanture de Sobane est discrète au possible, comme si elle n’avait pas envie de se faire remarquer. L’ardoise indiquant les formules du midi reste dans la vitrine le soir, laissant cette fausse impression de cantine et, si ce n’était le nom des plats, le passant pourrait prendre l’endroit pour un bistrot quelconque tenu par un trentenaire quelconque qui s’est mis en tête de rajeunir le concept. Mais voilà, impossible d’y dîner sans réservation le week-end, certains signes ne trompent pas.
Saveurs et chuchotements
La déco, toute en taupe et en patine, est déjà un peu usée de partout – on sent l’effort comme le manque de moyen -, l’accueil est cordial et discret, à deux doigts de la soumission comme il se doit, et on se sent vite à son aise bien qu’il n’y ait que deux personnes pour une salle qui ne dépasse pas les vingt couverts, car la courtoisie et le sourire sont de mise.
Délaissant mes éternels Gyozas et Bibimbap, je me lance rapidement à l’assaut du menu “Etoile” qui propose d’abord une nuée de petites entrées qui permettent de grignoter et discuter abondamment, sans s’interrompre longuement pour cause de mastication. Une petite salade ouvre le bal, suivie de coquille st jacques, crevette et seiche grillées (Guanja Nengche), puis d’une crêpe de légume au boeuf grillé (Milsam Mali), de raviolis grillés avec des petites galettes coréennes (Goun Mandou et Jonyuo) et de sashimis de saumon mariné à la sauce piquante (Hoé). Sans grande originalité mais avec légèreté et fraîcheur, les entrées vous emmènent aussi souplement que sûrement vers le plat principal, une grillade de poitrine de porc (Jeyuk Gouhi), légèrement piquante et sucrée, accompagnée simplement de riz à la vapeur. La cuisson est bien maîtrisée, laissant juste ce qu’il faut comme jus à la viande, et si la surprise est absente, j’ai du moins la satisfaction du goût. Tout au long du repas, quelques verres de Héri Saké, ce merveilleux saké chaud au poisson salé, irradient leur douce chaleur et engourdissent les sens.
Surévalué ?
Il y a indubitablement une attention et un soin dans cette cuisine qui procurent du plaisir et produisent des endorphines chez son consommateur. Le dessert est certes un peu raté avec une sorte de pancake coréen un peu sec, mais on n’a guère envie de gâcher la soirée. Trois coeur au Figaro à son ouverture en 2008, l’ami Fabrice a adoré, alors pourquoi hésiter ?
Sobane n’est pas au niveau d’un Samiin tant par la sophistication que la qualité générale, même si le chef Kim jung Ky en vient, il est cependant à la hauteur d’un Gwon’s Dining. Il lui manque la pointe de créativité et d’émotion qui font chavirer. Mais sortir du ghetto des barbecues coréens nauséabonds est une vraie gageure pour cette cuisine qui gagne réellement à être découverte, alors pour 33,50€ la formule du soir, aidons-les à se faire une réputation !
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Sobane, Korean restaurant in Paris
If there weren’t Daniel Rose’s Spring and Sobane, this street would be the arse of the world. A world of upstarts to be accurate. Unfortunately, the first is about to move to a better area, so remains Sobane which, with no big bang nor thunder, has a lot to offer.
The front is as sober as it can be, the board where the setlunch is written stays in the window when the night falls, leaving the impression that the place could be just another french new bistrot run by an anonymous thirty-something, if it wasn’t for the strange names scribbled. But then again, it is hardly possible to get a table when the weekend comes.
Careful whispers
The taupe grey paint that covers the walls has already worn out, but we’re so kindly welcome that we quickly feel homely although only two persons tend the 20 person dining room, kitchen included. Despite the modest means, they’re all smile.
Without thinking about my usual Gyozas and Bibimbap, I order the Etoile Menu which proposes a fistful of small appetizers that one can casually chew while keeping a conversation going. A small salad for as start, then grilles prawn, scallop and cuttlefish (Guanja Nengche), a roll with vegetables and grilled beef (Milsam Mali), grilles dumplings with small Korean cakes (Goun Mandou et Jonyuo), and marinated hot salmon sashimis (Hoe). Nothing is outstandingly original, however everything feels fresh and light, and softly lead towards the main course: hot and sweet grilled pork with steamed rice (Jeyuk Gouhi). The cooking is fine, the meat is still juicy, and although it lacks of any kind of surprise, the taste is there. Along with the meal, I kept drinking the fabulous Heri Sake, hot sake with a piece of salted fish.
Overrated?
Everything at Sobane’s is done with a lot of pleasure and everyone can feel the care around each dish. Even if the Korean pancake in the end was a waste of time, I felt content enough not to pay heed. Sobane is not as good nor sophisticated as Samiin although Chef Kim jung Ky comes from there, but it is as good as Gwon’s Dining. It may lack the creative spark that enlightens the senses, but what they have is more than enough. Most people are only aware of Korean barbecues while staying oblivious of what the real Korean cuisine has to offer, I am therefore convinced that 33,50€ is a very good price to discover something good and new.
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Sobane
5, rue de la Tour d’Auvergne 75009 Paris
Tél. 01 48 78 02 91
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