Café de Flore, Paris

On ne sait plus pourquoi on y va, on ne sait plus combien on paie même si c’est souvent beaucoup trop, on ne sait plus grand chose quand on est noyé dans le mythe. On sait juste qu’on aime le Flore.
Je n’aime guère la salle, mais j’aime cette véranda d’où je contemple le chaland botoxé, relifté, surhabillé, négligé, surpomponné, bourré, embagousé, paumé… J’aime à m’asseoir là où Jean-Paul (l’écrivain) a posé ses fesses et reluqué de son regard aveugle par-dessus les culs de bouteille qui lui servaient de lunettes. J’aime poser mes yeux là où Jean-Paul (l’acteur) a dandiné, dandy nouvelle vague et félin de gouttière.
Je n’aime guère la littérature de poseur, alors je n’aime pas Beigbeder, Zeller, Rey et leur verbe léger lorsqu’ils s’auto-congratulent tous les ans en transformant mon café préféré en salle des fêtes où il fait bon vomir. Mais j’aime humer le parfum des lettres qui s’échappe de la Hune pour venir imprégner mon café du samedi.
J’aime le club sandwich un peu maigre, les chips Nettle au poivre noir et sel marin arrosés de longues rasades de Météor à la pression lorsque le soleil se couche le long du boulevard St Germain. J’aime le verre de Ladoucette blanc hors de prix. Mais je n’aime pas le club sandwich Sonia Rykiel qui est un club servi sans pain. Il faut vraiment être con ou styliste pour inventer un truc pareil.
Si vous êtes journaliste, on vous a asséné depuis l’école des phrases type du genre : “on” est un con, ou “ne dites pas j’aime ou j’aime pas”. Des règles qu’on emmerde bien fort. On se sent bien au Café de Flore, et j’aime ça.
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Café de Flore, Paris
Why do you come here? Why do you hang around? I’m not sorry. It’s awfully expensive but it’s the price to pay to be part of a myth. And yes, we get a kick out of it.
I don’t like to sit inside, I love the patio. From there, I love to observe like Jean-Paul Sartre did passers-by like Jean-Paul Belmondo. I don’t like the litterature that comes from this café any longer, it’s a bunch of talentless scribblers infatuated with themselves. But I still love the smell of books coming from La Hune, the bookstore opposite.
I love the club sandwich although it’s always too small, the Nettle crisps with sea salt and crushed black pepper, the draught beer and the sunset on the boulevard St Germain. But I don’t like the Sonia Rykiel club sandwich, it’s a club without bread. It must take a lot of effort to be so stupid.
If you’re a journalist, you might be thinking how bad this article is. Well, fuck you too.
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Le Café de Flore
172 Boulevard Saint-Germain 75006 Paris
Tél. 01 45 48 55 26
Site Internet : http://www.cafedeflore.fr/
Crédit photo : Kéthévane Cellard
3 Commentaires
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Le Flore c’est génial. Surtout l’étage. Avec une Meteor et des rillettes.
Pas trop rillettes, mais entièrement d’accord sur la Meteor !
oui c’est vrai que le Flore est un endroit précieux et magique.