Restaurant À l’Affiche, Paris

Recommander des petits plats légers en janvier, c’est bien gentil mais en attendant il fait froid et il fait faim. Le corps a d’une nourriture roborative qui fournit l’énergie nécessaire pour affronter le général hiver. Bon, j’exagère un peu, on n’est pas sur le front russe non plus, mais c’est vers des tables comme A l’Affiche que nos esprits se tournent lorsque l’estomac sonne l’heure du déjeuner alors que la neige gratte doucement aux fenêtres.
Le cadre était presque parfait
Une équipe plutôt jeune officie à bord de ce bistrot de la rue de Moscou dont le cadre est on ne peut plus anodin avec son auvent rouge, son tonneau à l’entrée, ses vraies fausses affiches de cinéma d’antan. Ca sent la petite récupération de brocante bobo sans saveur. En outre, difficile de s’attendre à grand chose devant la serveuse aux manières un peu légères, mais la carte de Rémi Pommerai tend à rassurer par sa simplicité élémentaire, avec un choix limité à 4 plats, ainsi qu’une formule prédéfinie désormais classique (entrée et plat ou plat et dessert).
Mais au bout de quelques minutes, les choses s’améliorent, vous vous réchauffez peu à peu, tombez le manteau et le service se révèle finalement affable et courtois au-delà des apparences. Les plats quant à eux sont d’une irrégularité exemplaire, A l’Affiche tombe dans tous les travers de la cuisine de produit, mais surtout pèche par une volonté irréductible de proposer des plats typiques comme on composerait une vitrine.
Le naturel est une pose très difficile à garder
Comme le disait Oscar Wilde, et composer soigneusement le cadre du parfait petit bistrot de quartier, c’est bien mais lui insuffler la vie à travers ses plats est un autre défi. Le parmentier de canard est tout à fait correctement proportionné et préparé, mais il y manque quelque chose, ne serait-ce que dans la présentation. On n’a plus faim après, point. Le pot-au-feu est savoureux, généreusement servi, mais – est-ce dû à une préparation trop rapide ?- la viande est dure, et c’est impossible à admettre dans ce plat ! Si ce n’est pas suffisamment mijoté, ne le servez pas ! Enfin, si vous voulez vous lancer dans l’entrecôte, vous pouvez y aller les yeux fermés, voire avec une petite cuillère pour découper la tendre viande juteuse servie – une fois n’est pas coutume – bleu-chaud, comme il était demandé. En fin de repas, signe des temps, A l’Affiche a cédé à la mode du café gourmand, un artifice tout à fait anecdotique.
Dans le quartier de l’Europe où les bonnes adresses manquent cruellement, un bon repas de bistrot pour 30€ sans le vin (un choix peu remarquable de vins bio par ailleurs) est toujours le bienvenu. Mais à privilégier la forme au fond, A l’Affiche pourra toujours rêver d’être en haut à scruter les étoiles, mais elle sera toujours dans le caniveau pour citer à nouveau le grand Oscar.
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À l’Affiche, Restaurant in Paris
It’s winter time and we need to comfort ourselves with some warmth and good food that will fill us up with the required energy to fight against the cold. OK, it is not that freezing out there, yet can you help your gaze to turn towards bistros such as A l’Affiche when the time for lunch has come?
It looked almost perfect
There is absolutely nothing remarkable at first sight, it’s a one more deadpan bistro with the usual wine wooden barrel style decoration with vintage cinema posters on the walls and red painting on the outside. You’ve been there a thousand times, the waitress – and the young team in general – will not help you feel good. But when the menu comes un hand, the simple and narrowed choice of dishes has you reflecting how the people here might actually know what they do.
The service is courteous after all (although the waitress attire is indeed vulgar) and the mood lightens up after a little while. But the food is so uneven. Chef Rémi Pommerai tries so hard to propose typical bistrot season dishes that he puts them on the list even when he should not.
Trying too hard
Oscar Wilde use to say “To be natural is such a very difficult pose to keep up” and A l’Affiche gives a perfect illustration. Looking like the perfect little bistrot round the corner is one thing, delivering the food is another. The duck shepherd’s pie is pretty acceptable but it lacks of something called life, and it leaves you nothing else but surfeit. The pot-au-feu is generously served and tasty, but the meat is hard, which of course is not acceptable for this kind of dish. If it’s not cooked enough, don’t serve it. Eventually, The rib-steak is close to perfect. The meat is so tender you could cut it with a spoon and the cooking is mastered with grandeur. At the end of the meal, you can order the “café gourmand”, which means an expresso with small desserts all around. Fashionable but eneven.
In the end, if you hang around Europe and rue de Moscou, you might notice that decent restaurants are hard to be found, so a 30€ meal (without wine) is quite enjoyable. However, by trying so hard to look right rather than taste right, A l’Affiche will keep on looking at the stars but alas will remain in the gutter.
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A l’Affiche
48, rue de Moscou 75008 Paris
Tél. 01 45 22 02 20
3 Commentaires
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Merci pour votre billet très bien écrit et pertinent sur ce restaurant bistrot Parisien ! Je ne le connais pas encore mais je note l’adresse pour aller l’essayer à mon tour ! Je vois que vous écrivez beaucoup de très bons avis (aussi objectifs et bien écrits) sur de nombreux restaurants, c’est pourquoi je voulais vous proposer ce site, le connaissez vous: XXXXX ? C’est un guide de bons restaurants à Paris mais aussi partout en France, et vous y refiez un bon contributeur ! En vous remerciant et vous souhaitant une très bonne journée !
Bonjour, et merci pour votre message. En revanche, pas de pub dans les commentaires : il y a déjà une URL sur votre nom d’utilisateur !
Celui-ci.. je passe! Pas envie.