Mr Lung

Racines, restaurant à Paris

restaurant-racines-paris-1

L’autre soir, j’entendais un psychologue parler des déprimes de stars fatiguées de se sentir en-deça de leur personnage public. Et pour cause il est bien souvent difficile d’être à la hauteur d’une réputation, ça devient même un travail à plein temps. Or j’avais entendu tellement de bonnes choses sur Racines que je craignais d’être à mon tour déçu, de tomber sur un jour sans, ou d’un brusque changement après le départ de Pierre Jancou, le créateur du lieu. Mais j’apprends que le chef Sven Chartier est encore dans la place, on se rassure…

restaurant racines paris

Rendez-vous était donné à la charmante rédactrice de Smile and Save The Planet, un blog qui veut sauver le monde sans super-pouvoirs que je vous recommande vivement par pur amour des causes perdues, pour tester l’endroit. Première galère : je suis retenu à l’agence et me pointe en retard. Second souci : je parcours trois fois de suite le Passage des Panoramas – dont on m’apprend plus tard qu’il se nomme ainsi car deux énormes rotondes sur lesquels étaient peints des panoramas étaient installées sur le boulevard -, iPhone et Google Maps à la main sans trouver le restaurant en question. Las de trainer comme une âme en peine, je mets ma fierté dans la poche et appelle Racines pour me renseigner… pour tomber nez à nez avec le serveur, le combiné à la main, qui me répond de derrière la vitre. En fait, si vous voulez y faire un tour, soyez attentif car les numéros sont totalement fantaisistes dans le passage et le mot Racines est écrit une seule fois et sur la porte, pas sur l’enseigne qui est d’origine !

Heureusement, la dame en question était aussi en retard. Je profitais donc du moment de solitude pour inspecter les lieux. Une ancienne boutique, celle d’un marchand de vin, sobrement décorée avec quelques tables en bois brut, des bouteilles de vins en veux-tu-en-voilà le long des murs, aussi charmante qu’exigüe. Réservation fortement recommandée. On m’apporte un petit blanc d’Ardèche légèrement pétillant et très madérisé, c’est léger et frais, les minuscules bulles viennent réanimer les neurones fatiguées de leur journée abrutissante. Eh oui, monsieur, les bloggers ne sont pas que des gens qui ont raté leur carrière dans la com, certains travaillent vraiment à côté et écrivent par pur plaisir.

Seule petite ombre au tableau, l’aération soit défectueuse, soit totalement insuffisante, laisse échapper fumet permanent de foie gras poêlé, chose appétissante au début, mais forcément écoeurante plus tard. D’ailleurs nous décidâmes de partager une assiette de ce foie gras dont l’odeur m’avait tant fait saliver. Le verdict est immédiat, c’est impeccable. Servi en portion congrue, pas trop frugal ni excessive, la couleur est belle, bien rosée par endroits pour laisser des petits éclats mastics ça et là.

restaurant racines paris

Je continuais avec l’agneau de lait des Pyrénées et sa purée aux herbes. Là en revanche, j’avais droit à de généreuses morceaux à la cuisson bien maîtrisée puisque la viande gardait cette texture juteuse qui permet aux sucs de s’exprimer, ainsi que ces teintes hétérogènes qui laissent à penser qu’on n’a pas laissée sur le feu une seconde de trop. Si je devais émettre un bémol, ce serait sur la purée qui, sans être mauvaise – comment peut-on une purée ? – , n’avait simplement rien de remarquable.

restaurant racines paris

Après le plat, je n’avais plus guère d’appétit, mais afin de compléter la dégustation, nous avions décidé de tester la tarte au chocolat noir et caroube, chose que le serveur très aimable par ailleurs, décida d’oublier aussi sec, occupé qu’il était de son propre aveu, à manger des huîtres derrière le comptoir. Mais bon commerçant, il nous offrit le dessert qui était tout à fait à mon goût avec l’amertume du chocolat noire qui domine le débat et la petite pâte sablée, aux marrons me semble-t-il, toute fine mais qui porte agréablement le sujet comme un bon second rôle.

A la sortie, nous nous délestons d’environ 80€ avec seulement quelques verres de vin au verre, mais en ayant passé un bon moment. Je ne suis pas certain de l’origine bio de tous les ingrédients servis, je crois avoir lu que seuls les vins l’étaient (voir le site More Than Organic), toujours est-il que je peux affirmer que les saveurs étaient au rendez-vous. Si oui, et bien, j’en redemande sinon, c’est bien quand même !

——————————————————————————————————————————————

Racines, Restaurant in Paris
There was a psychologist on TV the other day, he was explaining how big stars often felt depressed for feeling not up their persona. Living up to one’s reputation is often a full-time job if you don’t want your fans to be disappointed. Recently, restaurant Racines was a bit like the new star of Paris and I must say I was a little bit afraid to face disappointment, although I was told chef Sven Chartier was still their after founder Pierre Jancou left.
The start of the evening was somewhat as bas as I could fear, arriving late, then losing myself in the Passage des Panoramas. The gallery is tiny, but crammed with awful tourist restaurants, so I grew tired of straying with my iPhone in hand, I ended up calling up the restaurant. Beware, if you face the same issue: the name is only written on the door, so at eye-level, not higher! Fortunately, the lady I was expecting was late too.
This charming little place is a former wine boutique so it pretty much kept the same look with bottles all over the walls and the shop-window and only a few raw wooden tables. The waiter suggested a glass of white wine from Ardèche, slightly sparkling with very thin bubbles. A delicious way to get rid of the worries of the day.
Whether their kitchen fan was off or not powerful enough, there was a strong smell of grilled foie gras in the room. Appetizing before, but offputting after. Anyway, I decided to taste it and it was close to perfect: the right size, the right colour, the right cooking.
For the main course, I went for the suckling lamb from the pyrenean and mash potatoes, which was obvioulsy a great choice, given the generous slices and the great taste that resulted from the well-mastered cooking, delivering an exquisitely juicy meat. On the side, the potatoes felt a bit common.
Although we weren’t hungry after this, we couldn’t help trying the chocolate and carob tart. I must say it didn’t look as stuffing as I first dreaded. The bitterness of dark chocolate was great on the cookie dough that seemed to be made with chestnut flavour-wheat.
At the end of the day, we really had a fine meal even if we had to pay around 80€ for two, including only a few glasses of wine. I’m not sure whether all the wines are organic in there, only a few are from what I read, I can only assure that everything was very straight to the point and tasty. I’m in for another try!

Racines
8, passage des Panoramas
75002 Paris
Tél. 01 40 13 06 41

6 commentaires

6 Commentaires

  1. IRG 16 December 2009 19:07

    Cher Monsieur Lung ce n’est pas une cause perdue que de vouloir greeniser le monde ! La preuve : tu as beaucoup aimé ton vin écolo. En tout cas bio ou pas, le dîner était excellent, et très agréable, je confirme !
    IRG

  2. mrlung 16 December 2009 19:18

    Qui t’a dit que je parlais de ton blog ? hahaha

  3. IRG 16 December 2009 19:22

    ah bon j’ai mal compris alors.
    Mais ne t’inquiète pas je ne suis pas vexée et il en faudrait beaucoup plus pour me décourager ! Fight to save th planet !

  4. mrlung 16 December 2009 19:37

    Non, tu avais bien compris, c’est moi qui joue sur les mots, une mauvaise habitude ;-)

  5. Fabrice I. 29 December 2009 14:56

    Bon article mon cher WM!
    J’aime bien le lieu aussi pour sa localisation, la qualité des aliments (Desnoyers, blablabla…) et surtout les vins.
    En revanche, je trouve le concept un peu facile: plats un peu simplistes basés sur ‘le produit’ mais en général pas donnés (j’ai souvenir d’une côte de veau à plus de 25€).
    Voilà pour mon humble contribution.
    Fabrice

  6. mrlung 29 December 2009 15:44

    J’aime bien ce côté “cuisine de produit” de temps en temps. Point trop n’en faut, mais pour le coup, j’ai trouvé l’approche appropriée au lieu. Seule l’addition un peu salée et les WC tellement gelés qu’on aurait pu y conserver quelques carcasses, m’ont un peu gêné.

Laisser un commentaire