Kavéri, restaurant indien presqu’à Paris

Presqu’à Paris parce qu’à Asnières. Oui, parfois on s’aventure au-delà des maréchaux, au-delà même du périphérique, comme ça, nonchalamment. Et quand le GPS d’Oanèse nous envoie dans un parking, on en rit comme au safari. Tout ça pour aller rendre visite à un certain Didier Gobardhan. Didier est mi-indien, mi-guadeloupéen et surtout c’est le gérant du Kaveri, un nouveau restaurant indien qui vous propose, bien entendu, du tipunch en apéritif !
C’est à l’initiative que Fabien Nègre de Paysages Culinaires et RP du Kaveri, que nous fûmes invités à déguster cette table qui se positionne comme indienne et gastronomique. Premier facteur important : la géographie des lieux qui est loin d’être optimale. On est à côté de la Seine, mais on ne la voit pas à cause de la route et de la circulation incessante. Il y a un parking, ce qui est de bon aloi en raison de la situation, mais pile devant les grandes baies vitrées de la salle. Pourtant la proximité d’un certain nombre de bureaux et de studios assure à Kavéri sa clientèle du midi et ce, en dépit de sa récente ouverture.
Une fois à l’intérieur, la décoration, pourtant relativement sobre, ne dépare pas des kitscheries indiennes habituelles. On est certes loin du Bollywood ambulant de Dramandra, mais j’attends toujours qu’à Paris s’ouvre enfin l’équivalent d’un Hakkasan londonien, c’est-à-dire un lieu sans folklore ou alors dans un langage visuel original et suffisamment dégagé des clichés pour qu’on ne vive pas un voyage Fram à chaque coup de fourchette.
En ce qui concerne l’assiette, la carte du Kavéri propose les grands classiques de la cuisine indienne avec comme corpus de base un éventail de viandes décliné à l’envie dans les diverses préparations tandoori possibles. Rien de révolutionnaire, mais l’exhaustivité crée la richesse de l’offre tant et si bien qu’il est agréable de pouvoir choisir entre pas moins de 6 préparations de nan et 5 de riz. La présentation des mets reflète la volonté de se positionner sur un créneau haut de gamme. Pari réussi malgré quelques maladresses de carte, notamment au niveau des desserts, qu’on attribuera à la jeunesse de lieu qui cherche encore sa patte.
Pour ma part, j’ai passé un moment agréable en compagnie du prolixe Fabien, l’acerbe Christophe, la belle Oanèse, le sphynx Alain, l’intransigeant Fabrice et la charmante Miss Gourmandise. Qu’en serait-il si, comme à l’accoutumé, je m’étais glissé anonymement dans la salle ? Alors est-ce que Kavéri sert vraiment le meilleurs butter chicken de la région parisienne ? A vous de juger !
NDLR cette chronique étant le fruit une invitation, elle est classée dans la catégorie “Adverblogging”.
Le Kavéri
3-5, quai Aulagnier
92600 Asnières
Tél. 01 40 86 10 11
Site Internet : www.kaveri.fr
12 Commentaires
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Indien et gastronomique, ou tout simplement indien et bon, c’est une gageure à Paris. À la différence de l’outre-Manche, ici, on ne sait pas faire. Si ce restaurant est réellement bon, ce sera une adresse précieuse. Ça vaut en effet le coup d’essayer anonymement maintenant que tu as montré le chemin.
Tu m’as donné envie d’aller y faire un tour ! J’adore la cuisine indienne et la carte affiche des prix raisonnables… En plus c’est à deux pas de chez moi.
je pense pas que le butter chicken aurait été aussi bon dans d’autres circonstances, chacun a choisi “librement” ce qu’il voulait manger, je ne pense pas qu’ils en aient fait plus que d’habitude pour nous en cuisine ce soir là!
>ptipois : Yugaraj est la référence mais fait payer très cher ses “valeureux” fournisseurs à ses clients. Les Jawad (Old et New) sont très corrects, et le Kaveri est tout à fait honorable.
L’immigration indo-pakistanaise est plus ancienne chez leur ancien colonisateur que chez nous, mais patience! De plus en plus de pakistanais travaillent dans la restauration en France; ils sont souvent multi taches et rarement employés dans des restaurants indiens ou pakistanais, mais je parie que, dans les années qui viennent, certains auront enfin la chance d’exercer leurs talents dans leur cuisine maternelle et le niveau va s’améliorer!
Je ne pense pas qu’ils en aient forcément fait plus, mais dans le doute, je préfère ne pas émettre de jugement tranché. C’est une question de principe !
@Chrisos : marrant, je pensais entre autres à Yugaraj en écrivant mon commentaire. Le fait que ce restaurant où l’on mange très mal soit considéré comme la référence en dit long. Naguère on avait encore le Vishnou et l’Indra, mais ce temps est derrière nous. Tout espoir n’est pas perdu, il y a quelques gargotes du côté de Louis Blanc et du faubourg Saint-Denis où l’on sert quelques trucs mangeables (mais il faut chercher). Je donne tout Yugaraj pour un lamb roll du Ganesha Corner (bien qu’il arrache la gueule) accompagné d’un masala chai.
Le mieux pour manger indien à Paris, c’est de faire son shopping dans le quartier susnommé (on trouve de plus en plus de choses) et d’officier chez soi.
Elle tape fort ! J’avoue mon manque d’expertise en matière d’indien, donc je m’abstiendrais de l’étendre sur le sujet. Il me reste cependant à découvrir celui qui me donnera envie de recommencer un peu plus que tous les 6 mois. Je vais prendre quelques cours auprès de Sophie entre deux séances de Shiatsu
@ptitpois : on pourrait appliquer le même raisonnement à toutes les cuisines…
lorsque je suis arrivé du Liban, les premières années, je trouvais que tous les restos libanais en France n’étaient pas aussi bien que là bas… certes ce n’est pas pareil, ni niveau prix, ni quantité, ni qualité… les restaurants adaptent leurs cartes et cuisines aux goûts des clients locaux et “innovent” en faisant de la cuisine indienne version française ou anglaise…
c’est pour ça qu’en france, c’est assez peu épicé.
pour ce qui est de Yugaraj, je n’en suis pas très fan non plus (http://chrisoscope.com/2008/04/05/yugaraj-surcote/), mais les guides le présentent souvent comme LA référence.
Le même raisonnement à toutes les cuisines ? Je ne crois pas. Je n’essaierai pas d’égaler à la maison la finesse de certaines tables (de restaurant) chinoises, japonaises et même françaises de ma connaissance. En revanche, si je te dis que la cuisine indienne est fort mal représentée à Paris hormis par le genre “ragougnasse mal épicée”, et que Yugaraj ne se distingue du lot que par la façon (mystérieuse) dont, depuis des décennies, il se paie la faveur des guides, je sais de quoi je parle. C’est pourquoi, à cette aune-là, mieux vaut un snack à deux balles mais bien préparé dans le Nord parisien qu’un pseudo-curry pâtouilleux et fade dont Paris a le secret.
La cuisine indienne à Paris pèche par beaucoup de points (en revanche Clermont-Ferrand a de très bons restaurants indiens, on ne rigole pas, c’est authentique), le plus grave n’étant pas celui du “peu épicé”. Si ce n’était que ça, ce serait encore peu grave. Non, le problème c’est que c’est MAL épicé – c’est-à-dire sans aucun équilibre des arômes et des saveurs. C’est pas une question de piment. C’est une cuisine assez complexe qui exige soin et minutie, ainsi que du temps.
C’est pourquoi je suis assez intéressée par ce nouveau restaurant indien qui prétend s’élever au plan “gastronomique”, en effet la barre étant élevée d’entrée de jeu au-dessus du tout-venant, je suis très curieuse de voir ce que ça donne. D’ailleurs un de mes instructeurs indiens m’avait soufflé que le butter chicken était un excellent plat-test : s’il est bon, on peut parier que le niveau général du restaurant sera bon.
J’ajoute (parce qu’il faut être à la hauteur de ce qu’on affirme) que si l’on me prête une belle grande cuisine et quelques convives à asseoir soit dans la cuisine soit dans une salle à manger adjacente, je peux confectionner un repas indien qui illustrera un peu mieux mes propos.
Si tu crois parvenir à nous déplacer à Clermont-Ferrand :p
Trés bon restaurant indien. Il se distingue par la qualité de l’accueil, le raffinement de la salle, mais surtout la saveur des plats. J’ai également apprécié les desserts indiens. C’est la première fois que je goûte un dessert indien (Gulab Jammun) je n’ai pas été déçu. C’est assez sucré mais ce sont des saveurs nouvelles, et l’expérience a été un succés. Je reviendrait goûter les autres.
Une cuisine qui n’a d’indienne que le nom : bourrée de poivrons pour donner du goût, très loin des recettes originales (où est la cardamone ????). En prime un « patron » Didier parfaitement odieux et incapable d’écouter ses clients. D’ailleurs ne l’écoutez pas : le vin qu’il vous propose est de loin le plus cher sur la carte. Arnaque ????
En bref : à éviter