Le Maceo, un restaurant parisien entre bloggers

Le Maceo est typiquement le genre d’endroit devant lequel je pourrais passer des centaines de fois sans envisager d’en franchir le seuil un jour. Mais, lorsque pendant un dîner entre bloggers et gourmets du net, un convive nous parle de se lancer dans une formation en cuisine chez Maceo pour ouvrir plus tard son propre restaurant, on se dit soudain “pourquoi pas ?”. C’est ainsi que, sur l’invitation d’Arthur Petillault, nous nous retrouvons tous à la même table.

L’entrée fait penser aux bistrots que fréquentait la génération précédente avec ces grandes lumières jaunes qui font gicler des éclats de cuivre et de laiton dans la gueule de cette jeunesse insolente. Le lieu propose des volumes où le notable peut étendre aussi bien sa libido que sa notoriété devant la jambe légère de son assistante, sur un alibi jazzeux un tantinet vaseux, tandis que le service suffisamment correct pour se faire oublier ronronne d’aise devant le poil grisonnant autant qu’il se raidit à la vue d’un contemporain. Mais notre table est suffisamment nombreuse pour que l’on bénéficie d’un petit coin bien à nous, à partir de là, tout va bien, en effet, notre ami Arthur avait prévu des armes de guerre pour nous convaincre de la pertinence de l’offre Maceo.
Une flûte de champagne Raymond Boulard, un jus diapré aux bulles fines et au goût légèrement madérisé accompagne un atterrissage en douceur sur mon coin de table, la main tape doucement la cuisse, le palais en redemande. Mais déjà, les amuse-bouches déboulent. Un petit velouté de champignon. Pourquoi est-ce toujours un velouté de champignon ? Les matières fongiques ont-elles des vertus bourgeoises que j’ignore ? Ainsi que des crevettes avec des dès de polenta dont l’élégant jeu de texture s’équilibre entre le croquant et le fondant. Une bonne entrée en matière qui lance pour de bon la ronde des plats.
Puis nous passons à des choses plus sérieuses alors que la conversation s’anime de toutes parts. Des noix st jacques accompagnés d’une purée de panais sur une sauce exotique qui, faute d’arriver à la subtilité d’une Kitchen Galerie, mélangent les nouvelles saveurs inspirées de la fusion et celles plus rustiques des légumes oubliées. Les vins, dont un Croze Hermitage blanc et un Knebel, jouent un peu en-deça, mais sans provoquer de catastrophe dans l’équilibre des sens.
En plat de résistance, nous affrontons – quel courage – un bar à la cuisson bien maîtrisée qui constitue une suite honorable aux entrées et un carré d’agneau sur un lit de poireaux. La discussion aidant, ou n’aidant pas, les plats passent davantage inaperçus, sans parvenir à voler la vedette à mes voisins de table, plus saignants sans doute. Pour conclure la dégustation, il nous est proposé une poire rôtie au roquefort au confit d’orange, mais là, je bloque. Le fromage est trop fort et la pauvre poire n’y résiste pas, il y a un problème de dosage qui déséquilibre complètement la proposition. Je préfère choisir entre le fromage et le dessert.
Alors que nous parvenons au dessert, je m’aperçois que la salle est presque vide. Nous sommes en pleine semaine et la clientèle s’en est déjà allée vers des recoins plus intimement confortables. Si je ne suis pas certain d’y retourner (à moins qu’il n’y ait une grande tablée suffisamment conviviale pour assurer un peu d’excitation dans un espace plaisant mais assez convenu), ce fut une agréable de découvrir les petits bonheurs que recèle cet endroit en compagnie de personnes à même de les partager telles qu’Aude, Oanèse, Christophe, Alain, Quentin, Fabrice, Fabien, Guillaume et Pascal… sans oublier Arthur bien entendu qui fut le chef d’orchestre.
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Maceo, French restaurant in Paris
The Maceo is the kind of place I wouldn’t even think of trying, even though I passed it by hundreds of times. But when I was proposed a dinner there with a bunch of bloggers and foodistas, the only thing that came up was “why not?”. The atmosphere is that of an older generation with its typical decoration, it almost made me feel a bit young to have a meal there with the obsequious service, but our table was big enough to make us forget the environment.
We were first served a delicious glass of Raymon Boulard champagne that left me asking for more. Then came an appetizer in the form of a mushroom velouté. Why must there always be a mushroom velouté ? Is it conspicuous sign of bourgeoisie or grandeur? And prawns with small dices of polenta that propose an elegant balance of textures between the snapping of the prawns and the graininess of the polenta.
As conversations kick off, came the starter: scallops and mash parsnip with exotic sauce that, although not as subtle as expected, mix with grace the contemporay tastes and that of forgotten vegetables. As for the wine, we began with a white Croze Hermitage which seemed a bit bland.
We then had a dish of well-handled fish and grilled lamb on a bed of leeks for the main dish, but whether we were too caught in our conversation, whether the dish was a level below, I didn’t find it as interesting as the starters.
Unfortunately, the whole story ended with a roasted pear with roquefort cheese and orange confit that took me aback. The cheese felt way too strong, smashing the pear away, and the sweetness of the confit couldn’t help it. In France, we’re sometimes asked to choose between the cheese and the dessert, but we’ never ask for both at the same time!
As we ended the party, the room is almost empty, the restaurant never stays open late in the middle of the week. Anyway, having dinner among bloggers and other food addicts was a nice way to discover the Maceo. However, I’m not sure I will come again unless I gather enough people to warm the place up.
Maceo
15, Rue Petits Champs
75001 Paris
Tél. 01 42 97 53 85
Site Internet : www.maceorestaurant.com
2 Commentaires
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Je ne sais pas ce que la devanture de ce restaurant pouvait vous inspirer pour que vous n’ayez pas envie d’y rentrer mais en tout cas les plats ont l’air vraiment délicieux ! Merci de nous régaler les papilles (.. Pupilles!)de vos très belles photos ! Encore un restaurant Parisien que je ne connais pas et que je vais tester (il y en a tellement !). Merci pour le billet et à bientôt !
Un classicisme caverneux qui respire le bistrot de ministère, une désuétude un peu trop XXème siècle… voilà ce qui peut empêcher d’entrer ! A bientôt et au plaisir de vous lire.