Mr Lung

Harry’s Bar, Paris

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francais Ceux qui me connaissent connaissent également mes produits test, ceux par qui je voue un lieu, une table aux gémonies ou au panthéon des papilles. C’est pourquoi, je vous parle aujourd’hui d’un lieu qui est tout sauf un restaurant : le mythique Harry’s Bar, le bar américain de Paris par excellence, où l’on vote tous les quatre ans parallèlement aux présidentielles américaines, où l’on se frotte à autant d’expatriés en goguette que de demi-célébrités de la capitale.

Je pourrais parler du whisky, le cognac des cons comme disait Desproges, de tous ces breuvages que promettent habituellement un bar, dont le dry martini par exemple qui fait systématiquement partie de mon banc test, mais ce soir je me focaliserai sur le club sandwich. Dieu qu’il est simple d’inscrire le club sandwich à sa carte. Zut, j’ai parlé de Dieu. Tant pis.

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A priori, un club, c’est simple : du pain, un peu de salade, du bacon, des oeufs, des chips, etc… juste de quoi bien étouffer un bon chrétien. Zut, j’ai parlé des disciples de Dieu. Je continue quand même. Mais un bon club, un vrai club, celui qui fait qu’on se lèche les doigts lorsqu’il se défait maladroitement une fois la pique passée, celui qui fait abandonner les couverts à la troisième bouchée, celui qui vous fait perdre le contrôle comme un jouvenceau devant le con de la nymphe… J’exagère un peu, je sais.

Le club sandwich du Harry’s Bar est digne. Il a de belles proportions et le corps ferme de la jeunesse. Il ne se délite pas comme un octogénaire préparé trois heures avant qui fait sous lui son jus putride de salade qui dégorge ; il est servi avec des chips et non avec ces putains de frites grasses et molles, M. Costes. Les chips sont anecdotiques, ce ne sont pas malheureusement pas ces merveilleuses Kettles au sel marin et poivre noir qui pimente l’apéritif au Flore, mais elles demeurent honnêtes.

Ce midi, le Harry’s Bar était vide. Vide de tous les soifards du soir, le barman au sourcil gauche circonflexe me reproche gentimment de lui commander de l’eau – en demi-litre qui plus est -, et ces deux triangles de club matérialisent une petite plage de tranquillité dans une journée surchargée, loin de la cohue des immeubles de bureau qui dégueulent leur content de ronds de cuir, loin des sandwichs rassis industriels et des bistrots qui n’ont même plus le charme d’être enfumés, à l’abri des regards, le temps d’une petite conversation de rattrapage avec un ami sur une vieille table qui portent encore l’empreinte de cigarettes qui ont raté le dernier cendrier.

Environ 40€ pour deux sandwiches, une bière et de l’eau, est-ce réellement plus cher que le dernier semelle-frites forcément mal cuit ?

english ———————————————————————————————————–

Harry’s Bar Paris
One of my favourite benchmark has always been the club sandwich. It seems so obviously simple to make a good sandwich, the kind of food you stuff down your throat in a random pub without even thinking. Yet to me, it remains one good and nice way to sort the places I can dear from those meant to Hades’ realm. That’s the reason why the place of the day is not a restaurant but a bar that has become some kind of a legend amongst the American expats and Parisian socialites: the Harry’s Bar. No it is not about whisky or some fancy cocktails, just a plain club sandwich.
For there are different kinds of club sandwiches. Those which make you drop the fork after a few bites and go on an frenzy eating on one hand, and those which look like they had been prepared the day before, with soaking salad and recooked french fries. Yes, some people serve it with french fries here rather than simple and crunchy crisps.
Harry’s one has a nice and firm young body. It won’t crumble at the first caress. Crisps are nothing extraordinary but they fill the job dutifully.
At lunch time, the place is empty. The waiter frowns as I order water. But everything goes smoothly and it’s a real delight to have a small chat with an old friend whilst keeping at bay the office buildings spilling their working crowds on the streets, the industrial food or the small restaurants where even the charm of old cigarette smoke has long gone.
40€ for two for a couple of that graal along with a beer and some mineral water, I can’t complain.

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Harry’s New York Bar
5, Rue Daunou
75002 Paris
Tél. 01 42 61 71 14
Site Internet : www.harrys-bar.fr

Photos by Mr Lung

6 commentaires

6 Commentaires

  1. The Chesterfield Project 2 October 2009 15:28

    C’est décidément BON de te relire !

  2. mrlung 2 October 2009 15:47

    Merci Guillaume ! attends le prochain post ;-)

  3. Julie BBG 21 October 2009 01:52

    Mazeeeeetteeeee j’avais loupé ton retour!!
    Magnifique ce nouveau décor, tu ne fais pas les choses à moitié. Quant au Club Sandwich du Harry’s Bar, moi l’EXPERTE en clubs (si, puisque j’te l’dis!) je ne peux qu’acclamer cette prouesse. Du côté de Nice, tu crierais au scandale tant le Club est moqué, à quelques rares exceptions près.

  4. mrlung 22 October 2009 12:16

    C’est du pur In Progress, du test… j’espere que le final sera bon !

  5. CL dit 888 19 November 2009 13:46

    Moi-même adepte du club, je rêve d’un club de compétition. Distingué, qui se tiendrait droit et digne, qui déborderait sans flatulance et qui croustillerait sans vulgarité… accompagné de quelques fines lamelles de patates frites cassantes comme du verre et délicatement vinaigrées. Ou est-il, mais bon dieu ou est-il ?

  6. La Pieuvre 18 October 2010 19:45

    Les meilleurs Side Car de la capitale

    3 cl de triple sec (cointreau, grand marnier)
    4 cl de cognac
    1 cl de jus de citrons

    Au bout du 2ème on oublie l’absence de musique au sein de l’établissement, au troisième on se précipite au bar commander un hot-dog afin de reprendre connaissance.

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