Mr Lung

Restaurant le Germain, Paris

Restaurant Germain Paris

Exit les frères Blanc, l’Arbuci et ses gilets imprimés saxophone, le caveau jazz approximatif et les huîtres à volonté, voici un énième Costes ! Propulsé par l’ancien chef d’orchestre de l’Etienne Marcel, puis par Monsieur Mercredi de Castel, le Germain avait sonné l’été dernier l’arrivée en fanfare des Citizen Shame de la gastronomie parisienne dans mon quartier chéri. En ce qui concerne la Société, autre adresse-phare tenue par l’autre frère, on en parlera une autre fois.

L’espace est séduisant avec une grande salle au rez-de-chaussée, des grands fauteuils chesterfield, avec toutefois des volumes pas toujours bien heureux. On oscille souvent entre la nostalgie ludique golden 80′s et le bougnat mal rhabillé. Le salon du haut plus intimiste s’en sort bien mieux avec son billard et ses grands canapés, et on y sent davantage cette atmosphère si particulière qui caractérise le village de Seine.

Restaurant Germain Paris

Autrement, de l’esprit de Germain -et par extension, celui de son saint -, on ne retrouve guère que le nom. Une clientèle proprette, voire excessivement touristique, tapisse l’avant avec la grâce de chiens de faïence ébréchés, tandis que quelques piliers du quartier parviennent à s’imposer à ras du comptoir, près des maîtres des lieux et de la DJette de rigueur tapie derrière la lumière bleutée de son iMac. Tous les soirs, vous pouvez contempler ces ravissantes créatures apprendre iTunes, c’est parfois désespérant, parfois charmant selon l’humeur.

En ce qui concerne l’accueil, on peut autant louer les responsables pour leur professionalisme, que donner des coups de pieds au cul à tout ce petit personnel sélectionné au physique et à l’amabilité d’adolescents qu’on aurait interrompu avec insolence au milieu d’une partie endiablée Guitar Hero sur Play Station. Vilain client, tu te prends pour qui pour me demander la carte ? Ainsi, lorsque vous goûtez le vin, vous pouvez lire dans ce regard post-lycéen bovin ce message :”c’est rouge, c’est alcoolisé, c’est du pinard, et en plus y a écrit Bordeaux dessus, c’est que c’est bon”. Et ça se passe juste avant que le bipède mononeurone ne vous remplisse le verre à ras bord pour que vous en commandiez vite une deuxième bouteille.

Par ailleurs, la grande salle est excessivement bruyante, impossible de parler à une personne assise en face de vous pour peu qu’elle soit enfoncée dans un fauteil. La déambulation mal fichue fait que ces satanés serveurs bousculent votre chaise à chaque passage. Pour ceux qui ont envie d’une forte impression d’animation, c’est optimal, pour les autres, choisissez une autre salle.

Volontairement, je parlerai peu de la carte. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a pas grand chose à dire. C’est mangeable. Il faut bien se nourrir avant de sortir. Que ce soit le steak à la plancha (chose promise, chose due, l’assiette comprend un steak et un tas de frites, point barre) ou le fish and chips qui fait regretter les belles heures de l’Alcazar, le minimum est tout juste atteint pour éviter une fuite inopinée du chaland, mais ne demandez surtout rien de plus. La carte des vins réserve la même absence de bonne ou de mauvaise surprise, vous y trouverez une kyrielle de petits vins faciles et dont les noms ronronneront sans doute à l’oreille du néophyte.

A l’addition, 60€ par tête pour un dîner à 6 dont un cintre professionnel sibérien anorexique heureusement fort peu encombré de métaphysique, c’est cher. Les cocktails sont décents. Buvez, après tout, ce n’est pas tous les jours qu’un nouvel endroit branché ouvre Rive Gauche. Ne mangez pas. Ne tapez pas sur la jeunesse, il faut bien qu’elle passe.

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Le Germain, Restaurant in Paris
This used to be a completely outdated place with eat-all-you-can oysters and lame jazz joint. It is now the nth restaurant run by the Costes brothers who lately started to develop their dodgy business in St Germain. Along with La Société, a higher-scale Costes classic, this is the second table by the Citizen Shame of Parisian gastronomy.
On the ground floor, the colourful design obviously glances towards the golden 80′s, yet a few awkward details remind of some unglamourous past. On the other hand, the private salon on the first floor is definitely an achievement with its big comfortable couches and sharp-design pool table. Otherwise, one could hardly think of the “spirit” of St Germain when passing this anonymous touristic dining room, where only a few local barflies managed to cling to the bar, close to the MC and the usual girl DJ.
The managers know how to do their jobs, they recognize regulars who are greeted a great welcome, whereas the waiters deserve to be a kicked in the teeth. An obnoxious personnel has been selected for their looks rather than their capacity to serve, looking down on you as if you were the dogsbody and completely clueless about their job. Plus, they have the brains of a dead shrimp.
The main room is annoyingly noisy, it makes it impossible to chat with someone sitting right in front of you, if that person lays back on the couch. Way too often, waiters don’t have enough room to walk around tables, so they stumble in your chair every five minutes that god should never have made. So unless, you crave for frantic animation, pick another room.
As for the food itself, there isn’t really not much to say. It is edible. Not good, not bad. When you order a steak, you get a steak, nothing more. As if people only came here to fulfill the technical need to feed themself rather than experience any kind of pleasure. The wine list is up to the expectations of any ignorant fool playing the smartguy for a night in town.
At the end of the day, we had to pay more than 60€ by person for a table of 6, including a hardly eating siberian professional hanger. It’s way too expensive. If you should go there, go there for a drink, a new trendy place on the left bank is something that won’t happen everyday. But don’t eat. And try not to beat the waiters with a chair.

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Le Germain
25-27 rue de Buci
75006 Paris
Tél. 01 43 26 02 93.

1 commentaire

1 Commentaire

  1. Pierre-pastaga-Vacca 4 May 2010 06:21

    Un peu hors sujet, peut être, mais tout de même en adéquation avec un passage de cette critique.

    Au Vietnam, toujours, les “ravissantes DJ” sont plus que monnaie courante. Le Lush par exemple, chantre de la Jet set Saigonaise, est, au demeurant, une boîte bien pensée. De part et d’autre de la discothèque se trouve des bars assez design pour l’un, néo-indus un rien loupé pour l’autre, mais à l’abris du magma de sons et en quasi plein air, ce qui vous permet d’éviter d’hurler à l’oreille de votre voisin, ami(e) ou prochaine conquête (l’effet postillons en pleine figure avec cette dernière catégorie étant plutôt proscrit sous peine d’irrémédiable échec). A l’intérieur, on se croirait dans l’uns des derniers lieux, haut de gamme, de Miami south beach, rien à envier niveau décors : du bar trônant au milieu d’une salle bleutée, ses rayonnages baignant dans une dense lumière rouge, au murs peints de personnages aussi inquiétants qu’en transes, visages dégoulinants, graphisme taillé à la serpe, jusqu’à…
    la “ravissantes DJ”…
    Version asiatique évidement, filiforme mais siliconée, bouche pulpeuse mais non collagènée, made in Asia oblige, superbes yeux en amande soulignés d’un épais mascara noir version gothique, le tatouage porté sur l’aine dépassant nonchalamment d’une jupe ultra courte à la taille ultra basse (je vous laisse deviner la hauteur du bout de tissus), le tout s’agitant frénétiquement (faut bien qu’on y croit un peu) mais surtout lascivement (faut faire fantasmer les foules) sur, non pas iTunes – la chose serait trop grosse, étant donnée qu’il faut mettre en valeur la créature, celle ci se trouve en bonne place pour que chacun puisse mater à loisir, et, surtout, sous tous les angles – mais sur un ersatz de soft musical possédant quelques basics réglages volume, basse, médium, aigu, ainsi qu’une platine virtuelle “scratchant le son” pour remplir l’écran d’un laptop forcément siglé Apple. Et le tour est joué ! Mais en observant un temps soit peu les mouvements, de mains et non de bassin, de celle qui n’est autre qu’un leurre vous comprendrez bien vite la supercherie. Le vrai mix venant, en fait, d’une cabine tout à côté d’une des deux entrées, tout en discrétion et aux vitres teintées, allez d’ailleurs savoir pourquoi…
    And so what? Le décor (de belle facture), les convives (un spectacle à eux seuls), les boissons (la margarita est succulente), le son (de qualité techniquement parlant, c’est rare au Vietnam, et parfois, même, musicalement) et enfin la “ravissantes DJ”, tout se fond à la perfection dans un concert de faux semblants, mais (comme n’aurait pas dit Baudelaire) qu’importe l’ivresse pourvu qu’on est le flacon.

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