Restaurant La Cuisine à Paris

Tenir son restaurant à l’ombre de Petrossian avec sa star de Rougui Dia et d’Il Vino avec Enrico Bernardo, c’est un peu voir le Paris St Germain affronter le FC Barcelone jumelé avec Manchester United. Si vous n’aimez pas le football, imaginez Richard Gasquet passer sa vie à jouer contre un Nadal croisé avec Federer. Et si le tennis n’est pas non plus votre tasse de thé, pensez simplement à David contre Goliath. Enfin, si la littérature biblique n’est pas non plus votre sujet, allez lire ailleurs… Parce que c’est précisément le pari que tiennent Christine Duboscq et Jean-Vincent Selles depuis 2001, date à laquelle ils ont ouvert la Cuisine.
Premier pari tenu, celui de la survie. Bien implantée depuis 8 ans, la Cuisine se positionne comme une table bourgeoise et abordable, loin des paillettes de ses voisins. La carte est composée d’inspirations du sud-ouest et de la mer, elle est réduite mais suffisamment variée pour contenter sa principale cible : les riverains. Affable, feutrée, confortable, jamais un mot plus haut que l’autre, sans grande créativité mais sans fausse note, ici la cuisine ressemble à la clientèle nantie d’un 7ème haussmanien se promenant en mocassins à glands dans des grandes avenues bordées de pierre de taille.

Petit tour du propriétaire: un amuse-gueule aux champignons sans grand intérêt vient néanmoins apaiser l’impatience des sept convives qui piaffent en attendant l’arrivée d’Aude. La terrine d’agneau à la menthe est un peu gélatineuse et la salade d’accompagnement sort directement du sachet, le résultat est cependant supérieur à ce que laissait présager son apparence quasi-industrielle. En revanche, le civet de sanglier tout en puissance avec sa sauce au vin tient ses promesses dans un classicisme qui tient du solfège. Enfin, le cannelloni au chocolat en dessert est plutôt à éviter, lourd, crêmeux, excessivement sucré. Le vin ? Un petit Givry 2005 discret et efficace.
Un petit reproche au service un peu froid, on aurait dit la patronne stupéfaite d’accueillir des moins de cinquante ans dans son hospice.
Au bilan, cette adresse suggérée par Alain Neyman a tout de ce qu’on pourrait appeler une “valeur refuge”. Jamais on n’osera trop en demander à la Cuisine, mais on sait très bien que pour 35 euros elle ronronnera sa partition tandis que ses ténors de voisins chercheront encore et encore à attirer les lumières de la rampe.
Photos : Mr Lung en Chrisoscopie
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La Cuisine, restaurant in Paris
With Pretrossian (and its star Rougui Dia) and Il Vino (and Enrico Bernardo), running a restaurant in the surroundings is like a permanent David versus Goliath struggle. Somehow Christine Duboscq and Jean-Vincent have made their way through, winning the first and possibly hardest challenge: survival. In eight years, La Cuisine has successfully positioned itself as a affordable and bourgeois restaurant which targets the local residents with food that tastes like them, kind, polite, mellow, not necessarily creative but always reliable.
The meal starts with a forgettable mushroom snack, but it did help us wait for our last guest. Then the first course I picked is a lamb paté with mint that doesn’t look right at the first glance, I guess the out-of-the-bag salad didn’t help, but the result is far superior to the looks. On the other hand, the wild boar stew with wine sauce is as good as it looks with its powerful flavour. To finish, the chocolate cannelloni is something I would not consider unless I lack of carbs. As for the wine, a modest Givry 2005 did its job without stealing any thunder.
This could some regular ranting but the service was a bit cold, as if the owner was surprised having guests under 50.
As a conclusion, this address is a definitely a steady and reliable place. You can’t too much out of la Cuisine in terms of creativity and surprises, yet for 35€, you know what you’ll get what you expect. With Petrossian and Il Vino fighting for the limelight, there was a seat to be taken, and that’s exactly what La Cuisine did.
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La Cuisine
14, boulevard la Tour Maubourg
75007 Paris
Tél. 01 44 18 36 32
Tags Technorati : Restaurant, Paris, La Cuisine, Christine Duboscq, Jean-Vincent Selles
3 Commentaires
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A mesure que je lisais ce billet, je m’impatientais de découvrir ton ressenti sur le dessert pris en photo et pour le moins alléchant au possible!! Déçue forcément de lire qu’il faudra l’éviter
Tough Life I know!!
Je le dis souvent, je ne suis pas un grand amateur de desserts. Je n’aime guère le sucré, et surtout le trop sucré en fin de repas. Ca se trouve, tu aurais adoré !
introduction délicieuse
Pour ma part, je trouve que c’est un resto correct qui grimpe dans la catégorie “plutôt bon resto” quand on voit les prix et le quartier.