Le Passage d’Alain Senderens

La semaine dernière, comme j’ai été sage, je me suis permis un déjeuner au Passage. Oui, je sais c’est facile, mais depuis le temps qu’on me parlait du premier étage de Senderens, il me fallait céder un jour à la tentation !
Senderens, au rez-de-chaussée, tout le monde connait. Ou presque. En revanche, le Passage avec sa petite entrée dérobée, son visiophone, et ses relents de maison close, loin de me repousser, excitent les sens et la curiosité. Faute d’un vrai cloaque, je savoure ce côté clandestin. En fait, j’avais commencé par découvrir le bar du Passage et ses dorures, puis j’avais goûté aux joies de la table du chef (pas de revue je sais, mais il est des joies qui sont difficiles à partager), il me restait donc à tester cette table bis pour compléter mon tour du propriétaire.
L’accueil est fort affable, l’ambiance complètement ratée avec une lumière blanche qui frise le néon sauvage, du gris perle et du vieux rose mélangés à du plastique tout juste digne d’une gadgeterie fluorescente des années 80, à l’opposé du bar. La répartition des réservations est également très mal faites, une femme fort enceinte hérite de la table près de la fenêtre qui m’était destinée dans un premier temps… mais bon, on ne va pas risquer la fausse couche pour si peu.
Tout s’améliore en regardant la carte : un choix fort séduisant s’offre à l’oeil pour la somme modique de 36€. L’appétit aiguisé, je penche pour un oeuf de poule poché avec foie gras et cocos de Paimpol en émulsion et un vitello tonato au parmesan à suivre. La carte des vins est hésitante car la peur du cher étrangle la table bis aussi sûrement que la crise économique sur TF1 agit sur la carte de crédit de la ménagère au moment des soubresauts consommateurs intempestifs.

L’attente est interminable. Faute d’avoir précisé que je désirais un menu, non seulement j’attendais davantage, mais en plus je sautais l’amuse-bouche qui paraissait par ailleurs fort appétissant. Après quelques relances et quelques verres de ce que vous voulez, l’oeuf poché arrive enfin. En soi, rien d’exceptionnel, mais on appréciera l’équilibre des saveurs entre la fraîcheur de la coriandre, l’onctuosité de l’émulsion au foie gras et le craquant du mini-toast. Un bon démarrage qui rendrait vert notre ami Inaki, dans un décor même pas bobo.

Les hostilités lancées, le repas s’enchaîne et avant même qu’on ait le temps de respirer, voilà le veau. Cette belle viande cuite au four et servie avec une sauce crémeuse aux câpres et des copeaux de parmesan fit merveille, tant et si bien que… j’eus bien des regrets ! En effet, l’heure tournait, et le temps imparti à mon déjeuner s’écoulait inexorablement sans que satiété ne se présente. Les conséquences directes et néfastes ? Un café, l’addition, gameboy et retour au boulot.
Le bilan de l’opération ? Des plats et des produits de qualité savamment agencés de main de maître pour une somme modique (pour peu que vous ayez précisé que vous vouliez le menu, bon sang, on ne m’y reprendra pas), un service qui n’a rien d’un étoilé si ce n’est une obséquiosité arrogante nimbée de suffisance servile, mais tout de même un rapport qualité/prix défiant toute concurrence. Le parallèle avec le Chateaubriand n’est pas innocent, le Passage est la forêt discrètement cachée par l’arbre, dans l’ombre d’Alain Senderens. Il s’agit d’une adresse discrète qui ne veut pas trop de presse et surtout pas concurrencer la maison principale. Mais l’offre est belle et demeure à mon sens bien supérieure à la pompe pseudo-conviviale des confrères de l’avenue Parmentier : plus de choix, autant de créativité et des produits de qualité. C’est certes moins bien décoré, moins néo-bistrot, mais la perfection est-elle de ce monde pour 36€ ?
So much to answer for.
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Le Passage – Alain Senderens, Restaurant in Paris
Last week at last, I decided to treat myself a tasting of a long-time expected table : Le Passage de Senderens. Not the one on the ground floor, which is famous, the one in the small passage on the right side of the main entrance. The one that makes you feel entering a brothel. I fisr discovered le Passage for the golden bar, then the restaurant, but this second restaurant was yet to be discovered.
The welcome is good although the decoration is once again completely irrelevant: trashy white neon with pearl grey and old pink, 8à’s high street plastic lamps, the whole thing is a mess. Booking is also an issue since the table that was meant for me was eventually given to a pregnant woman… as she needed the window seat more than I did.
But things get immediately better with the set menu, which proposes a nice range of choice for 36€. I picked the Poached Chicken Egg with foie gras and cocos de Paimpol, a white bean from Little Brittany, and Vitello Tonato with parmigiano cheese. The winelist is slightly more embarrassing for the sommelier obviously wanted to keep it cheap, which is seldom the right solution.
The waiting is excruciatingly long. And as I forgot to mention I wanted the set menu, I was served à la Carte, which I think is deliberately petty-minded, plus I skipped the amuse-bouche. After a few reminders to the waiter and a few glasses of wine, we were eventually served our long-awaited starters. Nothing that special indeed, but one may appreciate the balance between the fresh coriander, the smoothness of the foie gras emulsion and the crispy mini-toast.
Once the meal started, the veal arrived much sooner than expected. The notorious oven-cooked meat served in carpaccio slices and a creamy sauce with capers is as simple as good. Good enough to give me regrets. Because time is running and I want more but I can’t. So it quickly becomes a kick and rush with the coffee and the check right away.
As a conclusion, the quality of the products and the offering combined with a skilfull chef make the place a great value-for-money restaurant. The service lacks of reactivity but remember, this is not the One Michelin Star venue. No neo-bistrot cheesy familiarity here, but the same creativity you may find at the Chateaubriand, for instance. The decoration may lack of appeal but can anyone pretend to perfection for 36€?
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Le Passage de Senderens
6 Passage de la Madeleine
75008 Paris
Tél.
Site Internet : http://www.lucascarton.com
Tags Technorati : Restaurant, Paris, Lucas Carton, Alain Senderens, Le Passage de Senderens
9 Commentaires
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I guess they changed the menu,as the last time I’ve been in Le Passage, they didn’t have vitello tonato. I love vitello tonato!!
Otherwise, i found the food in Le Passage good, but the portions were way too small…I dont know, maybe its just me…
Aiste, my fav’ model! Long time no see
Portions are indeed a bit small, and as I said (though kinda forgot to translate in the English version… haha), I was still hungry at the end of the meal. Have you tested any dessert?
Thanks, Mr Lung
Me too i was hungry after my lunch there !! The dessert i had was “coco et perle”. It was to die for.
There goes my reason to try the place again!
Tout est dit dans ta dernière phrase Mr Lung. Pour 36 Euros, pas évident d’avoir le beurre, l’argent du beurre, et la crémière de nos jours…:-)
@Julie
Je veux tout !
Hei MrLung!
I’m just back from my short stying in Paris and followed the advice you gave me(ASW)to try this spot…well I loved it!
La Suprême de canard croisé was deliciuos and the service really funny( no way they could speak a single word in english, it was a great improvement to my french that I’m learning since one month!!) when they realized we were italian they brought us some parmisan to put on our (fantastic)fish soup(argh!!!)
So thanx a lot!!
ciao
Ciao Patrizia,
Grazie per il messsagio. Mi piace leggere il tuo feedback! Hai anche provato un altro ristorante?
Yep!
I was at “L’avant Gout”(rue Bobillot)that some other ASW guy suggested me,and it was really lovely, completly different kind of spot but I loved the food! Do you know it?
Complimenti per il tuo italiano!!
ciao