Mr Lung

Restaurant la Bocca della Verità, Paris

Restaurant La Bocca della Verita Paris

Il n’y a pas si longtemps, quelqu’un m’a presque reproché de ne pas alimenter suffisamment la rubrique “à éviter“. En réalité, comme vous pouvez l’imaginer, on va rarement dans des lieux peu recommandables de son plein gré et c’est avec un rare déplaisir que l’on dit du mal d’une table. En effet, n’oublions pas qu’au-delà d’un repas gâché, il y a des gens qui vivent de ce métier, ils le font avec plus ou moins de bonheur, or mon optimiste béat veut que je me persuade qu’ils font de leur mieux.

Superstition oblige, je ne peux vous dire que la vérité quant à la Bocca della Verità, ce restaurant italien qui s’est ouvert rue du Sabot, dont le nom provient de cette fameuse dalle de bronze au Colisée de Rome, dans laquelle on glisse sa main et prononce une phrase, et s’il s’agit d’un mensonge, la main est censée rester coincée.

La rue du Sabot est l’une des rues les plus charmantes de St Germain, et étrangement, mis à part Yakijapo Mitsuko, on n’y trouve que de piteuses tables et La Bocca della Verità ne viendra pas mettre la règle à l’épreuve. Le décor rappelle la coquetterie des tables bourgeoises de centre-villes provinciaux, dans un équilibre étrange entre l’authenticité factice en quête de sophistication et la modestie coupable de ne pas se donner les moyens d’être à la hauteur de ses prétentions. L’accueil est simple et agréable pourtant. Cependant, un rapide coup d’oeil sur la carte des vins sonne la première alerte : Nebbiolo, Barolo, Brunello, tous les noms répondent à l’appel, cependant, aucune indication de millésime ou de producteur.

Comme à mon habitude, je commence par une assiette d’antipasti pour subir la déconvenue d’une assiette de crudité dans laquelle se mélange avec plus de fadeur que de bonheur de la salade, des champignons de Paris crus, quelques légumes grillés trop cuits et une minuscule boule de mozzarella di buffala.

Pour continuer, une assiette de ravioles à la truffe blanche ne vient pas remonter le moral des troupes : des hectolitres d’huile aromatisée à la truffe viennent booster artificiellement la truffe blanche inexistante dans une assiette excessivement grasse. Beaucoup de pain aidant, j’arrive néanmoins à calmer ma faim. Ceci dit, la maison tomba vite à court de pain ce soir-là et le patron n’hésita pas une minute à le remplacer par du pain blanc façon panini de quai de gare, tout droit sorti d’un congélateur.

Enfin, pour couronner le tout, le Nebbiolo – tout de même vendu 56€ – est jeune, vert et fermé comme une huître rétive, incapable d’exprimer quelque caractère sinon celui d’une jouvencelle débarquée en maison close. Et voilà comment de quoi on fait une soirée ratée. Seule et maigre consolation, les photos que vous voyez sont prises avec un Leica numérique compact, un véritable petit bijou de luminosité que ma compagne de table a bien voulu me prêter pour illustrer cet article. J’ai adoré, j’enterre mon Lumix dans une fosse commune. Pour le reste, on ne m’y reprendra pas.

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La Bocca della Verità, Italian restaurant in Paris

I was recently told that I should write more often in the “Don’t Even Try” category, but one doesn’t go in the wrong place on purpose, and frankly, who’d rather not? Besides, I’m keen on keeping in mind that people make a living out of these jobs however bad they might be doing it. And I also naively enjoy to think that they try their best… most of the times.
The truth must be spoken though about la Bocca della Verità, which name comes from the famous bronze plaque on the Coliseum in Rome. They said that whoever tells a lie while their hand is in the mouth would have it stuck. So I won’t try my luck.
At first sight, the place looks like any other provincial centre of town bourgeois restaurant with a wannabe sophisticated decoration which awkwardly mixes fake authenticity and lack of real mean to live up to its pretentions. The welcome is simple and OK, but a glance et the winelist quickly rings the first alarm: although all the big names are listed, no year or producer’s name is given.
So I basically start with a dish of antipasti as usual, just to be served a big salad with raw Paris mushrooms, overcooked grilled vegetables and a tiny of average mozzarella di buffala. Then the meal goes on with raviolis with white truffles, as they call it, covered by gallons of artifically truffle-scented oil to boost the taste in the absence of a decent amount of the actual ingredient and as greasy as it can be.
The restaurant also ran out of bread in the process and started serving frozen white bread without a warning.
Last but not least, the Nebbiolo – charged 56€ – was way too young and closed, unable to express any character at this stage of maturation, like a virgin in a brothel.
So if you’re looking for a miserable way to wreck your dinner, I strongly suggest you tried La Bocca della Verità. Now the truth is spoken. Good night.

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La Bocca della Verità
2, rue du Sabot
75006 Paris
Tél. 01 45 48 96 65

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8 commentaires

8 Commentaires

  1. mixlamalice 5 January 2009 22:49

    Une bonne idée pour alimenter la rubrique (et ça sera presque pas comme si tu le faisais exprès): avoir des potes dont la conception de la sortie au resto est “pas cher et dans un quartier qui pulse”. Et de les laisser choisir. 9 fois sur 10 c’est la catastrophe (la fois restante, c’est le coup de bol de la bonne affaire), on ne s’est pas ruiné pour autant a part peut-etre l’estomac, et on peut écrire une chronique rigolote (c’est triste mais c’est comme ça, le bonheur c’est chiant à lire, et même à écrire, alors il faut se forcer un peu pour rigoler).

  2. mrlung 6 January 2009 00:07

    Ah mais vous vivez dans le luxe et l’opulence ! Je préfèrerais n’écrire que des revues dithyrambiques quitte à en être franchement monotone, mon palais s’en porterait mieux…
    Mais bon, j’avoue qu’un coup de gueule de temps à autre, ça fait du bien ;)

  3. Denzo 6 January 2009 08:49

    Comment peut-on croire faire un repas à seulement 56€ avec de la Truffe Blanche, alors même que le cours de la truffe blanche est en ce Noël 2009 à 10500€, soit 105€ le gramme et qu’il faut compter entre 1 à 3 grammes par plat ! Le GOGO, ici n’est pas le restaurateur mais bien vous qui fantasmez…! Ne prenez-vous pas vos rêves pour de réalités ?

  4. mrlung 6 January 2009 10:27

    Le Nebbiolo est à 56€, pas le plat de raviolis, sans compter qu’il n’est pas forcément question de truffes fraîches, les verrines sont légions sur le marché à des prix bien plus modiques. Le gogo, c’est celui qui ne lit pas bien avant de cliquer sur le bouton valider…

  5. Chrisos 6 January 2009 13:47

    ah, ben c’est clair donc, aller voir ailleurs…
    tu as testé l’énième resto Italien de la rue du Dragon, ex Amis de Messina?

  6. mrlung 6 January 2009 18:47

    Non,je suis un peu trop tenté par l’Altro que j’aime bien à chaque fois. J’ai atterri à la Bocca parce que l’autre était fermé !

  7. Emma 6 January 2009 20:07

    Nous qui pensions aller traîner dans le quartier pour dîner (because famile provinciale à amener dans un coin “parisien”), nous voilà donc bien informés sur un endroit à éviter.

    Si par la même occasion tu avais un tip pour goûter un bon risotto, je suis preneuse.
    Et haut les coeurs pour 2009, non notre métier ne connaîtra pas la crise, le budget comm ne sera pas le premier sucré ! Ils n’ont qu’a sucrer le budget médias ;-)

    @mixlamalice : je ne laisse plus JAMAIS choisir le resto par des amis, sauf par des gens en qui j’ai toute confiance. Rien ne me fiche plus de mauvais poil que des calories superflues et immangeables !

  8. mrlung 6 January 2009 22:03

    @Emma
    La rue du Sabot et la rue Bernard Palissy regorgent apparemment de petites arnaques, sauf Yakijapo une fois de plus, mais tu peux oublier le reste.

    Pour ce qui est du risotto, je ne suis pas un grand addict de ce plat et surtout ne le rencontre qu’au hasard des cartes, donc pas de bons plans, sorry !

    No comment sur la com ;)

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