Restaurant japonais Yamamoto, Paris

Oui, Yamamoto est un restaurant japonais tenu par des laotiens. Ca peut paraître étrange en plein quartier nippon, à quelques mètres à peine de la rue Sainte Anne mais, lorsqu’on sait que les voisins sont tenus par des chinois, à quoi bon s’arrêter à ce genre de détails ? Oui, la rue Chabanais, c’est un peu la concession internationale consenti par les meilleurs ambassadeurs du Japon, ses chefs cuisiniers et des lieux tels que Zenzoo sont les plus représentatifs de cette diversité toute asiatique.
Le décor est aussi approximatif que possible, les japonaiseries semblent sortir tout droit d’un catalogue Ikea, les amateurs d’exotisme et les derniers lecteurs de James Clavell sont les premiers déçus. L’espace en lui-même est minuscule, comme pour vous rappeler que les asiatiques ont un derrière aux dimensions plus modestes que vous, petits blancs. Alors on optimise comme ça on peut pour asseoir un maximum de monde dans une salle qui ne doit pas dépasser les 30m² ! Tout cela fait-il de Yamamoto un lieu infréquentable ? Eh bien bizarrement, non.

Au-delà du décorum à deux euros, de la surface disponible limitée et d’un nom piqué dans un stoïque costumier post-punk adorateur de noir importable pour les humains ne dépassant pas les 190cm, il y a l’empathie. Cette petite chose ineffable qu’oublient tous les apprentis mannequins qui travaillent comme serveurs chez les Costes le temps que leur carrière décolle, qu’oublient tous ceux qui, à force de prétendre à une science et une maîtrise ès gastronomie, passent plus de temps à disserter qu’à profiter, et qui fait que vous vous sentez à l’aise. Pas ce soupir d’aise qui vous titille l’estomac lorsque le sommelier débouche la bouteille d’Echezeaux, plutôt celui que vous poussez lorsque vous vous sentez compris dans votre faim. Parce qu’il faisait diablement faim ce soir-là ! Et cette faim fût maîtrisée avec plaisir. Enfin, le mot est lâché !
Au menu, je ne vais pas vous faire un dessin, il y avait beaucoup de poissons crus. Des tatakis, des sashimis, des sushis… rien de révolutionnaire si ce n’est que le poisson est bon, avec les diverses parties bien sélectionnées afin de mieux convenir aux différentes préparations. Des produits de qualité, somme toute, glissant docilement le long du gosier accompagnés de petites rasades de saké chaud ce qu’il faut. Si vous avez envie de surprises, il vaut mieux s’attabler au comptoir où vous pouvez demander au chef de suivre son inspiration. Là, il vous préparera des inventions absentes de la carte qui fondent, dit-on, la bonne réputation dont jouit l’établissement.
Bien sûr, la serveuse est occupée, voire très occupée. Mais elle viendra toujours vers vous avec le sourire non-feint de la bonne humeur et c’est déjà beaucoup ! Le prix de l’empathie ? 77€, un chiffre punk pour deux avec reprise de saké à la volée.
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Yamamoto, Japanese Restaurant in Paris
Oddly enough, although Yamamoto is located in the Japanese district of Paris, it is ran by Laotians. But rue Chabanais also harbours Zenzoo, one of the best Taiwanese addresses in town, so it seems like that particular street is quite pan-asian after all.
The decoration is minimal and looks like it comes straight out of a sad Ikea catalog, leaving frustrated those who crave exotism, while the room is tiny just as if someone wanted to remind you how slimer Asians are. Besides, the available space is optimized to the max, so is Yamamoto as unbearable as it might sounds at first sight? The answer is clearly NO. One reason immediately comes to my mind when thinking about this restaurant and it is empathy. That little something that forget all the pretentious crowd which works in trendy restaurants and all those who overplay their so-called expertise and that makes you feel comfortable. Some might tell you the place is noisy, always packed and tiny, but in there you feel understood and that feeling is the first step towards… pleasure. Sorry dear, I really meant pleasure.
On the list, nothing outstanding but everything delivered in sufficient quantity and quality. And if you’re looking for adventure, you might as well sit at the bar and directly ask the chef his inspiration of the day. He will you treat you with dishes not available on the menu.
And yes, the waitresses are always so busy, yet they keep smiling like they mean it and that’s priceless.
You will be charged 77€ for the empathy, including your usual partner in crime and a few sake refills.
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Yamamoto
6, rue Chabanais
75002 Paris
Tél. 01 49 27 96 26
Tags Technorati : restaurant, Paris, Yamamoto
14 Commentaires
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I have recently been quite a few times to the Japanese district and the reason is Yakiniku (11 rue Saint Anne), a wonderful Japanese grill where you grill the meat by yourself. I am addicted to it!
Hey there, nice to see you around these pages! I’ll have a go at Yakiniku at lunch one of theses days.
I have you in my bloglines
J’ai adoré ce restaurant riquiqui mais drôlement bon. Et j’ai encore plus adoré ton billet !
Cela dit, à part le Benkay, existe-t-il des restaurants à sushi à Paris où la déco a nécessité pus de 3 minutes d’installation…?
Aida ?
ah oui mais là c’est hors jeu ! Hors budget par rapport au Yamamoto… Tu me diras, je t’ai cité le Benkay, pas vraiment donné non plus.
Dans le genre déco un peu soignée, il y a le Tagawa, que j’ai testé, dans le 15e. Pas trop cher (on reste dans un plafond de 40 euros) et un cadre simple mais agréable.
Kai ?
Oui, Kai aussi… mais je crois qu’Aude ne parle que des restos qui sont dans son “positionnement” de blog, càd entre 30 et 40€ par tête, ce dont on est loin lorsqu’on parle d’Aida, Kai ou Kinugawa !
Effectivement je vise plutôt les restaurants japonais accessibles aux budgets “jeunes travailleurs”, ce qui est plus dans ma cible…
Cela dit, je retiens Aida, Kai et Kinugawa, le jour où un gentil mécène m’invite !
Mr Q va sûrement se transformer en gentil mécène
Honnêtement, je n’avais pas trouvé le rapport qualité/prix du kai si bon quand on a un porte-monnaie moyennement extensible
.
J’avais d’ailleurs commenté sur ce resto ici même. Pour de la cuisine japonaise haut de gamme créative, je préfère de loin Kaiseki, mais pour le décor, on repassera.
Ceci dit j’avais lu du bien de Takara, dont la déco à l’air OK et les prix moins stratosphériques.
L’un d’entre vous a-t-il testé ? de même que le bento corner du chef du kaiseki au rendez-vous toyota ?
C’est vrai que d’une manière générale, chez les asiat on a rarement décor+qualité+prix. Si c’est très bon et d’un prix moyen c’est généralement laid (cf le Pacifique, Reuan Thai, Krung Thep…). Si c’est beau et d’un prix abordable (cf Silk&Spice) ça n’est pas bon. A part peut-être le Lao Lane Xang 2, ou tout autre perle dont j’ignorerais l’existence
héhé, je lui passe le message…
@Emma
C’est vrai Kai, c’est pas vraiment donné mais je n’ai encore eu l’occasion de tester Kaiseki non plus ! Mais j’y viens, j’y viens
Fendez vous donc d’un menu midi chez Kifune, rue St Ferdinand dans le 17ème pour essayer d’allier bonne cuisine, décor soigné (ici surtout à travers le coté “je franchis la porte, et je me téléporte de 10 000km direct à Tokyo”) et prix accessible, le midi en tout cas, le soir nettement moins.