Mes cantines de Saint-Germain-des-Prés (1ère partie)

Notre lieu de vie détermine souvent notre alimentation quotidienne. Cette certitude qui était jadis aussi inébranlable que l’absence de réseau wi-fi en milieu rural a été, bien entendu, mise à mal par nos grandes villes cosmopolites qui permettent désormais à n’importe quel péquin de goûter des mets du monde entier.
Pourtant cette certitude a pris des travers qui peuvent surprendre. Ainsi l’habitant du Chinatown du 13ème arrondissement mange-t-il probablement plus souvent (et mieux) de la cuisine chinoise que moi, alors que j’en ai tant besoin ! Que n’ai-je fait pour mériter qu’une telle injustice s’abatte sur moi, vous demandez-vous ? Mais mal m’en prendrait de pleurer mon sort puisque j’ai la chance d’habiter l’un des plus beaux quartiers de la capitale. Cependant, je ne suis pas là pour chanter quelques louanges germanopratines, mais pour vous communiquer mes adresses favorites de Saint-Germain-des-Prés.

En préambule, il y a d’abord cette étape qui est un signal de départ, un instant de silence qui permet à l’esprit de se recentrer afin de mieux repartir après une journée de labeur. Cette respiration, je l’apprécie au Café de Flore, sous la véranda et de préférence au coucher du soleil. Pas uniquement en raison de la cycliste du 172 qui me fait tourner la tête, mais aussi de la bière. De la bière et des chips. Rien de bien sophistiqué, mais la vie sans les chips Kettle au sel de mer et poivre noir me paraîtrait désormais bien fade. Au Flore, j’arrive même à boire du Moët.
Une fois les sens éveillés et l’appétit aiguisé, la carte mentale qui s’étire de la rue Jacob à la rue Guisarde se transforme en menu aux accents internationaux, car manger sur place n’est pas une très bonne idée.

En revanche, à quelques pas, sans même traverser la rue, il y a le japonais Yen dont j’avais déjà parlé. Des sobas faits maison avec des produits en provenance du soleil levant, une carte variée dans une décoration élégante quoique très froide au rez-de-chaussée. Une découverte pour le néophyte, une confirmation pour lamateur.

Quelques mètres encore et c’est la France telle que l’apprécie tant le chaland venu d’ailleurs : la version Rive Gauche du Relais de l’Entrecôte. Bruyant, bondé toute l’année, un personnel qui fait ce qu’il peut avec tout juste l’amabilité de la boulangère mal réveillée… mais un plat unique accompagné de sa sauce magique qui tient toujours ses promesses.

Traverser le boulevard, c’est pénétrer l’antre du dragon et l’occasion de découvrir une institution à quelques pavés d’un nouveau venu déjà en passe de devenir un classique. L’Altro, qui fut l’objet d’un de mes premiers articles, représente toujours l’occasion de dîner italien tout en gardant un esprit vif à la fin d’un repas que d’aucuns, habitués à une cuisine riche aux portions généreuses, trouveront frugales. Le personnel jeune, aimable et souriant vous fait oublier instantanément vos instants de malheur chez les Costes, tandis que la carte des vins recèlent de belles curiosités.

Je n’oserais vous décrire en détails Claude Sainlouis, sa vieille moquette qui sent le rance et sa formule qui rappelle le Relais de l’Entrecôte en version chef d’états, les murs de cet honorable établissement de qualité s’en chargeront. Des chefs d’état, des célébrités de tout poil vous rappellent que vous dînez chez un monsieur qui compte. A découvrir.

Se glisser furtivement dans la rue du Sabot, c’est comme se rendre au bordel, un mélange de plaisir et de griserie que seule la transgression apporte. Yakijapo Mitsuko, maison fondée en 1968, est un des plus anciens restaurants japonais de Paris. Ne vous fiez pas aux allures maghrébines des serveurs, les trois chefs sont réellement japonais. Malheureusement, le maître sushi est récemment décédé et c’est un de ses assistants qui le remplace. Kitsch dans le décor volontiers cliché, Yakijapo propose une carte somme toute banale mais m’asseoir au bar et observer la lente évolution de mon plateau en préparation est devenu un rituel magnifique que la qualité générale de l’assiette ne diminue pas, loin de là.
A suivre…
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My personal favorites in Saint-Germain-des-Prés (1st part)
The place we live in sets the trend of what we eat. This certainty was once unchallengeable until our cosmopolitan cities begin to propose food from all over the world to people oblivious of its origin. This new situation leads to sometimes surprising results. For instance, he who lives in Chinatown probably eats more and better Chinese food than I do when I need it so much more than he does! Frustrating, isn’t it?
On the other hand, I couldn’t complain about where I live since I’m in Saint-Germain-des-Prés.
Let’s not mention food right now, let’s focus on the very beginning. After a day of work, I often need something to help me cut from the stress and literally chill out. And my sanctuary is the Café de Flore. Not only because of a very appealing bicycle, but also because of the beer and the crisps. Life would be less interesting without the Kettle sea salt and black pepper crisps. I can even enjoy Moët & Chandon here.
The real notion of chosing only comes when the body and the mind are one and ready.
A few steps and one may pick Yen. A japonese restaurant in which the sobas are homemade with ingredients specially shipped from Japan. The decoration is a bit cold on the ground floor, yet the place is highly recommended.
A few more steps and a bigger-than-life France awaits. A huge line queues all day long to taste le Relais de l’Entrecôte, its unique steak dish and its magical secret sauce. The place might seem a bit cliché’d but it is always up to the expectations.
Crossing the boulevard Saint-Germain leads to whole new world, in the narrow rue du Dragon. L’Altro is an Italian restaurant in a very contemporary black and white shrine. Eat Italian without feeling stuffed is one of the major insight in this place, along with a nice winelist full of curiosities and a very warm service.
Right across the street is Claude Sainlouis which is a definitive institution. The restaurant proposes a set menu which reminds that of the Relais de l’Entrecôte while the walls (with the stale carpet) tells the stories of presidents and celebrities. Curiosity might have killed the cat, but Claude Sainlouis fed the stars.
In the process, sneaking in the paved rue du Sabot is like visiting a brothel in the middle of the night. It brings the pleasure and the exhilaration that only the perfume of danger brings. Yakijapo Mitsuko, founded in 1968, is one of the oldest Japanese restaurant in Paris. Don’t pay heed to the arabic waiters, the three chefs are really from Japan. The sushi chef (RIP) recently passed away and his assistant took his place but sitting at this bar has become such a delightful ritual that the quality of the food has never jeopardized.
To be continued…
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Café de Flore 172, bd St Germain 75006 Paris
Yen 22, rue St Benoît 75006 Paris Tel. 01 45 44 11 18
Le Relais de L’Entrecote 2O, rue St Benoît 75006 Paris Tel. 01 45 49 16 00
L’Altro 16, rue du Dragon 75006 PARIS Tel. 01 45 48 49 49
Claude Sainlouis 27, Rue du Dragon 75006 Paris Tel. 01 45 48 29 68
Yakijapo Mitsuko 8, rue Sabot, 75006 Paris Tel. 01 42 22 17 74
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c’est vrai que c’est un charmant quartier, tes adresses sont bonnes à prendre