Restaurant O Rolhas, Lisbonne

Il y fait beau, il y fait chaud et il y fait bon savourer les produits de la mer, sur une terrasse ensoleillée, paresseusement assis sur une chaise de fortune, une Super Bock glacée à la main.
Première visite à Lisbonne et, mon hôte a beau eu me dire que la préparation a évolué dans le mauvais sens en faveur d’une présentation mieux adaptée aux touristes, je n’ai pu m’empêcher de me remplir l’estomac de manière fort flatteuse à l’égard du chef. Sous un soleil de plomb, à l’abri sous de parasols jaunes comme des citrons gorgés d’UVA, on ne peut guère bouger que pour lever son verre ou porter la fourchette à la bouche. La salle d’O Rolhas rappelle ces minuscules établissements de Barcelone où tout se passe à l’extérieur : à peine salubres, mal éclairés et d’une exiguïté surprenante. La terrasse en revanche est prise d’assaut. Rien d’étonnant, on est à deux rues de la mer, au bord d’un parc qui a tout d’un hamac attendant la fin du repas.

Le service est bourru, comme on peut s’y attendre, et le visage ruisselant du garçon qui traverse quelques mètres de trottoir à chaque voyage sous le soleil pour arriver aux tables ne renforce en rien l’amabilité. Peu importe le flacon… Une mauvaise surprise en revanche, qui souligne les propos de celle qui m’a invité dans cette contrée inconnue : les prix ressemblent à ceux de Paris.

L’assiette quant à elle tient partiellement ses promesses. Les Gambas al Guilho, des crevettes cuites à l’ail et baignant dans une généreuse sauce au beurre et à l’huile d’olive, s’avèrent très bonne bien que trop cuites. En revanche, elles sont déjà décortiquées, ce qui est contraire à la tradition d’une part, mais aussi prive de ce qu se trouve dans la tête. Ensuite le Polvo Grelhado à Lagareiro, une pouple entière grillée et accompagnée de riz, de pommes de terre et de salade, est un plat un peu sec même si la fraîcheur inconstestable de la bête rattrape bien des erreurs. D’ailleurs, n’ai-je pas hésité à demander du citron (absent de la présentation) et y ajouter de la sauce huile/ail/persil en provenance de l’assiette de mon compagnon de déjeuner !

J’aurais mieux fait de prendre son délicieux espadon !

Il faut tout de même compter 25 euros pour ce repas censé être populaire, ce qui révèle une absurde question toute contemporaine : comment font les habitants du cru pour manger dans ces endroits ? Ne nous y trompons pas, le Portugal n’est pas un pays pauvre comme le Vietnam, mais les disparités entre les grands bourgeois et les classes les moins aisées y sont énormes, sans compter la population d’émigrants qui constitue à elle-seule une classe de nouveaux riches. Dans ce contexte, il est douteux que le terme “populaire” ne s’applique plus à ce genre de table qui ne fait que perpétuer un folklore à des fins touristiques. A goûter quand on ne connait pas !
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O Rolhas, Restaurant in Lisbon
In this country, heat, sun, seafood and cold beer is the ulmtimate call for laziness. First time in Portugal, and although my host assured me that things have evolved the wrong way in this very restaurant, I could help filling my belly with delight. The sun was humming and putting food and beverage in my mouth was the biggest moves I could expect to accomplish. O Rolhas reminded me of those places in Barcelona with tiny dining rooms and huge ambiance running outside. Two streets away from the coast, flanked by a nice patch of green grass for the digestive nap, no wonder why the terrass is full.
Service is rough, as expected. The waiter is exhausted and sweating. He has to walk a few meters under the daunting sun each time he brings something to a table. Rates are unexpectedly high, Paris like. Which reinforces the first impressions of my friend.
The food is half way up to the task. The Gambas al Guilho, prawns cooked in heavy butter and garlic are tasty but they come peeled against the tradition and depriving us from the head’s content. Then the Polvo Grelhado à Lagareiro, grilled octopus served with rice, potatoes and salad, is deliciously fresh but a bit dry. So I picked some garlic/oil/parsley sauce from my friend’s dish and added some lemon to it to make it fit for consumption. I knew I should’ve picked her swordfish instead!
In the end, I had to give away around 25€ for a “popular” meal, which seemed a bit high when compared to the revenue of working classes in Portugal. There are times when the word “popular” doesn’t apply anymore and is only placed there to give a local flavour to a product aimed at the tourists. In any case, this kind of restaurant at least should be tasted once.
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O Rolhas
Rua Vieira Portuense n°42
1300-571 Lisbonne
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10 commentaires10 Commentaires
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Cela fait plus de dix ans que le Portugal est très cher lorsque l’on déjeune dehors.
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Toutefois ceci est surtout vrai dans les grandes villes, un peu moins dans les petites.
Le poulpe est la plupart du temps délicieux ainsi que tous les produits de la mer, mais, comme vous l’avez dit, ils n’ont pas encore découvert la cuisson ‘idéale’. C’est souvent bien trop cuit. Et puis ils aiment l’huile d’olive
@Falbalas
C’était ma première fois et les prix m’ont frappé. J’imagine que le tourisme représente le revenu principal de bien des commerces !
En effet, bien trop cher pour un restaurant de cette catégorie, parole de portugaise! À Lisbonne, on peut manger très bien pour 7-8 euros par personne, voire moins. En province, les menus du déjeuner sont entre 5.50 et 6 €… et on est servi avec le sourire!
Tu me fais énormément envie d’autant plus que l’an prochain je souhaite partir à Lisbonne en vacances d’Ete. Peut-être d’ailleurs connais-tu des gens qui louent dans ce coin ?
@Elvira
Cette adresse était un des repères de la personne qui m’a invité. Apparemment, ça a beaucoup changé !
@Philo
Malheureusement (car je suis aussi un grand amateur d’hôtel), pour une fois, j’étais chez l’habitant. Mais je sais qu’il y a aussi pas mal de “pousadas”, des chambres d’hôtes qui sont charmants dans le coin. Ou alors recherches-tu une location de maison ?
J’ignorais qu’il y avait tant d’émigrants que ça à Lisbonne au point de constituer une nouvelle classe sociale. Sinon, mamma mia…. je bave d’envie devant les crevettes à l’ail, l’huile d’olive, et l’espadon. Il est 18h30, tu viens de signer mon arrêt de travail, direction la cozinha!!
@Julie
Oh oui, c’est même une classe à part qui a tendance à taper sur le système dans des régions où ils rachètent tout pour flamber… mais ça, c’est une autre histoire !
D’accord avec Julie. Et pourtant je suis moi-même fille de Portugais qui ont émigré en France (j’habite au Portugal depuis 10 ans)… Même ceux qui n’ont pas un sou vaillant en poche se la ramènent quand ils sont en vacances par ici. Il ne faut certes pas généraliser; j’en connais qui sont des personnes bien, aussi. Mais je suis quand même soulagée de les voir repartir en France quand arrive la mi-août…
@Elvira
Loin de moi l’idée de généraliser, je n’ai pas envie de me mettre à dos mes amis du coin
Cette tendance est très présente dans le sud de la France, du Cap d’Antibes à Monaco.
Après les anglophones, ce sont les russes qui rachètent à prix d’or et de façon démesurée les biens immobiliers locaux. Exemple, une propriété récemment vendue à 525M Eu je crois alors que sa vraie valeur approximait les 150M Eu.
Gloups.