Mini plaisirs au Mini Palais au Grand Palais, Paris


Mes amis bloggers ont certes déjà chroniqué la table de Gilles Choukroun, le Mini Palais (Le Mini Palais qui se trouve dans le Grand) mais tant pis, vous aurez plusieurs avis, divergents qui plus est. Parce que ce que j’ai pu lire à droite et à gauche ne correspond guère à mon opinion. Alors simple irrégularité à l’instar d’un Châteaubriand régulièrement décrié ou simple accident de parcours ?

Que dire de cet escalier somptueux qui mène dans un hall béant qui oscille entre le Palais de Tokyo sans la supposée branchitude, le bunker seconde guerre et une rétrospective sur les nouveaux réalistes avec ses cadrans de Mini Austin au mur ? C’est bluffant, le soir venu, il faut un peu d’assurance pour aller mander à l’hôtesse d’accueil la table à laquelle on a légitimement droit puisque réservation et tout, et tout. On se rapproche du syndrome New-yorkais où la demoiselle peut abuser de son pouvoir pour mieux vous humilier. Ca me rappelle un épisode de Sex & The City, tiens. Mais que nenni, rapidement la troupe est redirigée vers le bar.
Attente minimale, la salle est à moitié vide, on nous propose une table en terrasse, ce qui est encore mieux. A l’extérieur, des dizaines de tables sont dressées sous les colonnes du Grand Palais, offrant une très belle vue sur le petit (Palais) et l’avenue. Par ces jours particulièrement cléments, il est agréable de profiter de la douceur nocturne. Pas grand chose à dire du design, pas fameux mais pas ostentatoire et nous pouvons remercier le décorateur de nous avoir épargné les ambiances de l’entrée !
Pour l’attente interminable qui s’ensuit, on vous propose gentimment des toasts avec de la tapenade et c’est tant mieux car nous mettrons près de 25 minutes à commander faute de disponibilité au sein du personnel en nombre extrêmement réduit. C’est agaçant car, autant je compatis avec ces pauvres serveurs qui font ce qu’ils peuvent, autant vous avez faim et soif et le restaurant en soi ne fait pas son boulot. Ils sont trois pour toute la terrasse qui fait au moins 40 couverts. A noter, vous n’êtes pas au Café Marly chez les Costes, et comment le savez-vous ? Le personnel est aimable !
La carte ne se présente pas mal et je penche d’abord pour une marinade d’huîtres à la ciboulette. La serveuse me promet que les huîtres ne seront pas grasses, en ce début septembre je veux bien la croire. A l’arrivée, une vraie fausse bonne idée : elles sont tout de même un peu grasses, les parfums de nuoc nam tue leur goût iodé et la ciboulette en masse donne l’impression de bouffer de l’herbe. Ca me fait penser à un plat du même acabit au Châteaubriand… Mais laissez donc les huîtres tranquilles, elles n’ont pas besoin de chef pour être délicieuses !
Pour se consoler, vingt bonnes minutes plus tard, le plat de résistance prend la forme d’un mignon de veau au céleri et aux germes de poireaux. Là, on se sent plus à l’aise, la viande est tendre, bien rosée comme demandée au préalable, le céleri donne un peu d’amertume et de croquant au plat tandis que les germes de poireaux épicent littéralement le tout. C’est simple, réussi quoiqu’un peu frugale.
Le repas fut tout du long arrosé d’un petit Bordeaux La Côte 2004, un vin plutôt fruité, au corps étonnant avec une belle robe mais un tantinet court sur pattes. Il présente néanmoins un bon rapport qualité/prix sur une carte des vins qui est par ailleurs loin d’être mémorable. Mais ne tirons pas sur l’ambulance, il est tout à fait honnête.
Pas de dessert après ça, l’attente fut telle que je n’avais plus vraiment envie de quoi que ce soit.

Alors à la question fatidique, “faut-il y aller ?”, je dirais “Oui” au moins pour la terrasse, c’est beau, accueillant, on a envie d’y rester des heures. Pour le reste, j’ai de sérieux doutes quant à l’alliance entre l’industrie automobile et la gastronomie. On ne demande pas à Guy Martin de vendre des carbus, diantre. Le manque de constance d’un plat à l’autre me laisse également sceptique, sans compter une facture finale plutôt coquette de 70€ par tête et que j’en ressors en ayant faim. Bref, ayant fort apprécié le plat principal, et en dépit du malencontreux Café Very dont on reparlera une autre fois, je serais tenté de laisser le bénéfice du doute et d’y retourner pour voir comment ça évolue…
Tips : euh… munissez-vous de patience.
L’avis de Mr Lung : pffff
Mini Palais
Grand Palais
Perron Alexandre III
avenue Winston Churchill
75008 Paris
Tags Technorati : Restaurant, Paris, Mini Palais, Grand Palais, Gilles Choukroun
10 Commentaires
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J’avais été agréablement surpris au déjeuner…
J’en viens à me demander si la lenteur et l’attente ne sont pas volontaires, pour nous faire profiter du cadre extraordinaire!
La serveuse qui s’occupait de notre tablée était tout de même très génée de ne pouvoir répondre correctement aux clients. Mais bon, l’essentiel était encore la nourriture et je suis loin dêtre totalement convaincu… On verra la prochaine fois !
est-ce qu’on peut juste y prendre un verre ?
(pour faire comme au Café Véry, éviter de se ruiner pour rien tout en profitant du cadre…)
Je n’en suis pas sûr du tout, pas essayé ! En même temps, ce serait bête de ne pas pouvoir profiter de la terrasse par une journée ensoleillé… L’année prochaine ?
Début septembre, je me souviens de deux ou trois coupes de champagne en terrasse, à 19h on peut juste y prendre un verre.
Eclairée par tous les commentaires que je venais de lire, je me suis précipitée sur mon téléphone pour réserver un dîner en amoureux. Mais que décider quand on vous annonce que le restaurant et le bar sont non fumeurs! et le temps ne se prête pas à diner en terrasse. Dommage, je crois que je vais attendre février pour y aller, car de toute manière tous les restaurants seront non fumeurs§
Le very ne devrait plus être qu’un souvenir…car c’est bientot la fin…
[...] En même temps, ce sera l’occasion de juger plus objectivement leurs prestations, sans le biais de la terrasse magique. Depuis septembre, Thierry Richard des Chroniques du Plaisir a nuancé son enthousiasme, à cause de problèmes de service. Mr. Lung semble avoir rencontré les mêmes ennuis, un soir… [...]
je veut juste repondre au journaliste qui fait la critique, lui dire qu’il n’y avait pas de sauce nuoc man dans la marinade d’huitre et que dans le mignon de veau qu’il a mangé, ce n’etais pas du celerie mais du radis noir, faire une critique culinaire c’est d’abord reconaitre ce que l’on mange !
Cher Tony,
Il y avait un goût fort prononcé de saumur de poisson dans la marinade, peut-être serez-vous à même de m’en préciser la nature puisque vous êtes si catégorique ? Ensuite, j’ai également pu me tromper sur le radis noir, mais c’est à présent un peu loin et je suis disposé à vous croire même si ça ne change pas mon opinion générale.
Enfin, veillez à déterminer la nature de ce que vous lisez avant de vous jeter sur la case commentaire : je ne suis pas un critique, ni un journaliste. Je fais des chroniques des tables que je visite. Vous êtes le bienvenu si vous souhaitez enrichir ou contredire le contenu.
Bien à vous.