Restaurant italien l’Enoteca, Paris


Après l’apéro à la Perle un vendredi soir, il faut bien entendu savoir enchainer sur quelque chose de chaleureux et accueillant sans pour autant oublier de se nourrir correctement car la fringale guette. Dans un Paris outragé par les cohortes de touristes en short, un Paris brisé par l’absence de ses habitants, un Paris martyrisé par le mauvais temps de juillet, mais un Paris libéré (grâce aux Vélib’ bien sûr), il est devenu presque facile de trouver une place en terrasse ou une table dans un restaurant habituellement bondé en début de week-end !
Et c’est ainsi que vous arrivez à l’Enoteca, table italienne du Marais réputée pour sa belle carte de vins, à 22 heures, sans réservation pour vous asseoir à peine 5 minutes après. La salle est tout de même presque pleine, mais surtout des étrangers en vacances, aussi l’ambiance sonore s’en trouve-t-elle affectée par le manque de culture commune entre convives.
La déco est toujours égale à elle-même, et puis à quoi bon s’enquiquiner alors quand on a d’aussi beaux murs d’époque ? Sans façons, vous êtes invités à vous attabler tandis que le personnel court de droite à gauche sans relâche. Un coup d’oeil sur la belle panoplie d’antipasti qui trône au milieu de la salle et on a déjà choisi l’entrée. Puis, pour combattre efficacement la faim, quoi de plus pertinent qu’un bon plat de pasta ? Des parpadelle al manzo, plus précisément. Rien de compliqué sachant que la parpadelle est une forme de pâte et que manzo signifie boeuf…
Ici l’essentiel est le liant. Et oui, comment faire glisser tout ça ? Après consultation prolongée de la préposée aux vins, le choix se porte sur une bouteille de Barolo Runcot 1996 de chez Elio Grasso, un beau millésime qui, selon la spécialiste, a déjà suffisamment mûri pour pouvoir se déguster, contrairement à ses acolytes de 1995 ou de 1997. Des notes de bois très prononcées accompagnent un nez puissant, une belle robe profonde annonce une forte charpente mais les premières lampées sont étonnamment fruitées sans pour autant trahir les impressions précédentes. A peine hors de la bouteille, on sent le grand potentiel de la dégustation, potentiel confirmé dans le quart d’heure grâce au décanteur. Que de puissance, de rondeur et de velours !
A l’arrivée, une note d’environ 90€ par tête, mais essentiellement dûe à notre ami Elio Grasso qui à lui seul coûte 115€. Mais attention, les plats ici sont faits pour accompagner les vins et non le contraire, d’ailleurs c’est écrit sur la carte. Il s’agit là d’une excellente occasion de réviser au passage sa géographie italienne, alors qu’attendez-vous pour faire vos devoirs de vacances et potasser dans une oenothèque bien fournie ?
Tips : les bonnes tables sont au rez-de-chaussée. Réservation conseillée.
L’avis de Mr Lung : grave
L’Enoteca
25, Rue Charles V
75004 Paris
Tél. 01 42 78 91 44
Fax. 01 44 59 31 72
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