Mr Lung

Le Sensing de Guy Martin, Paris

Restaurant Le Sensing ParisRestaurant Le Sensing Paris
Restaurant Le Sensing ParisRestaurant Le Sensing Paris

Une annexe est rarement un lieu essentiel, un peu comme une ligne bis de créateur, il s’agit souvent davantage d’une manière de rentabiliser son nom. Quand Joël Robuchon ouvre son Atelier rue Montalembert, aucun doute possible, on cherche à attirer la hype et soutirer de l’argent à peu de frais. Quand Michel Rostang s’allie avec le chanteur Suisse Johnny, on a également vu le résultat peu flatteur (lire l’article) et on pourrait très facilement en déduire une règle générale. Mais ce format est aussi l’occasion pour les chefs d’être plus libres, plus expérimentaux… et le triplement étoilé Guy Martin pourrait me faire douter…

En effet, le chef du Grand Véfour est le maître d’orchestre du Sensing, restaurant ouvert en septembre dernier rue Bréa dans le 6ème, près de Montparnasse. Aux fourneaux, Remi Van Peteghem dirige les travaux.

Ne parlons pas de l’entrée, de son design un peu prétentieux de salon de coiffure, ni cette lumière bleue inconfortable au possible, dites-vous bien qu’il s’agit d’une manière de vous refroidir. Un grand comptoir en albâtre éclairé par le dessous vous permet de vous admirer les narines tout en mangeant sur des chaises de bar. La salle du fond, ainsi que l’étage arbore un design minimaliste, déjà un peu ringard, mais nettement plus chaleureux grâce à un éclairage flatteur. L’accueil plutôt détendu voire familier chez certains serveurs n’augure pas non plus une expérience inoubliable.

Une fois attablé, on peut enfin passer aux choses sérieuses et les événements prennent une tournure nettement plus agréables. En entrée, un damier de foie gras maison et de magret de canard en dés se laisse volontiers manger bien que servi nettement en-deçà de la température de consommation du foie gras. Résultat, les saveurs ne s’expriment pas suffisamment. Mais ce n’est que reculer pour mieux sauter, le veau de lait en croûte d’herbes, accompagné de macaroni fourrés aux champignons se révèle un délice : le veau est tendre, juteux, rosé comme il le faut, les macaronis bien qu’un peu froids (décidément…) laisse les papilles pleines de sensations de cêpes. Au dessert, des agrumes font agréablement glisser le repas.

Le repas fut arrosé d’une bouteille de Hautes Côtes de Beaune 2003 tout à fait honorable et pour un prix très raisonnable, (merci ma chérie pour ton conseil avisé).

Résultat de la visite : un bon repas pour environ 100€ par tête, ce n’est pas donné mais ça me paraît correct compte tenu de la hype autour de cette adresse et de l’assiette.

Tips : éviter à tout prix la salle de devant sauf si vous aimez l’ambiance Jacques Dessange, de même la salle du haut constitue un peu un couloir vers les toilettes. Réservation obligatoire. Je vous recommande également la critique de François Simon que j’apprécie beaucoup même si on ne pense pas forcément pareil !

L’avis de Mr Lung : mouais

———————————————————————————————————–

Restaurant Sensing by Guy Martin
Given the poor results of some big names when opening cheaper, thus more experimental restaurants, one might fear the worst when famous three-Michelin-star chief Guy Martin launches the Sensing. The mastermind of the Grand Vefour, with chef Remi Van Peteghem for MC, has opened a new place that might remind that of a hairdresser at first sight. However, the rest of the minimalistic decoration reminds appreciable though already somewhat dated. The welcome might take you aback by its familarity but the overall impression is OK. The first dish, a foie-gras “in checks” with duck filet is served way below its temperature but the main course (a young veal with a herbal crust with mushroom-stuffed macaronis) is strinkingly delicious. At the end, a simple fruit salad helps pushing the merry lot. The tasted wine was a bottle of Hautes Côtes de Beaune 2003, a very good value-for-money. Given the hype around this place, 100€ by person seems a good price and we may consider the place as recommandable if you don’t expect the full-fledge Guy Martin.

——————————————————————————————————————–

Le Sensing
19, rue Bréa
75006 Paris
Tél : 01 43 27 08 80

Tags technorati : Restaurant, Paris, Gastronomie, Sensing, Guy Martin, Remi Van Peteghem, Sophie Jousseaume

Photos : Albatros Design , Alain Neyman

12 commentaires

12 Commentaires

  1. alain 3 March 2007 04:16

    Bonjour

    elles sont tres bien vos photos,
    d’ou proviennent elles svp ?

    merci

  2. mrlung 3 March 2007 16:24

    Bonjour Alain, les photos proviennent du dossier de presse d’Albatros Design, les designers du restaurant. D’ailleurs, j’avais oublié de les créditer, chose que j’essaie de faire dans la mesure du possible (parfois les sources sont difficiles à trouver en ligne !). Mais le mal est réparé ;)

  3. love editions 4 April 2007 23:22

    Le concept de décoration du restaurant SENSING est dû à messieurs Jérôme Faillant-Dumas et Hubert de Malherbe.
    Ils se sont adressés à Alain Ellouz d’Albatros Design pour la réalisation du dessus de comptoir en albâtre rétro éclairé.
    La photo de Sophie Jousseaume et Rémy Van Peteghem, quant à elle, est extraite d’un article du Figaro, me semble-t-il.
    Merci.

  4. mrlung 5 April 2007 00:34

    Cher Love Editions,

    En ce qui me concerne, les crédits photo ont été duement complétés, de même que pour la décoration. A présent, si vous avez envie de créditer nominativement les responsables de ces inepties décoratives que je voue volontiers aux gémonies, ce blog vous sera toujours ouvert.

  5. Laurent 19 June 2007 16:21

    Salut Mr. Lung,
    Nous avons dinné, avec mon épouse, la semaine passée au Sensing. Il est vrai que l’atmosphère peut surprendre, notamment l’attitude de certains serveurs. Mais ne s’agit-il pas là d’une posture délibérée: grands gars, riards, courtoisie modérée? J’ai vu cela ailleurs. J’ai bien aimé en fait. En revanche, je conseille le tourteau, décortiqué dans sa carapace et nappé d’une émulsion d’étrille. Le cabillaud ne m’a pas rendu fou, la chair avait été gelée, bien que l’accompagnement fait à la capucine ai relèvé le tout de façon très réussie. Le pigeon est, selon ma fleur, une autre réussite. Choix des vins laissé au serveur: excellent. Voilà, pour l’avis d’un profane. A ne pas retenir!

  6. mrlung 19 June 2007 18:12

    Hmm, tu me donnes faim ! En ce qui concerne le service, lorsque nous y êtions, il s’agissait davantage de la familiarité du gars pressé et un peu débordé que d’une pose…

  7. Tom pouce 8 March 2008 19:35

    Aujourd’hui, les techniques modernes font que l’on peut travailler la forme d’un poisson sans pour autant le congeler. Comment pouvez vous affirmer que le cabillaud avait été gelé? Ayant diné à plusieurs reprises au Sensing, puis discuté avec le chef, cet amoureux des produits n’imagine sans doutes même pas congeler un poisson ou une viande! Quant au service, il est clair que c’est plus que limite et pas digne de sa cuisine !

  8. riri le kaki 8 March 2008 07:31

    bien dit

  9. mrlung 10 March 2008 23:09

    @Tom Pouce
    Je me demande également comment on peut discerner le congelé du non-gelé, mais Laurent est seul responsable de ses propos !

  10. lulu 11 March 2008 12:11

    moi je trouve effectivement que les serveurs nous prennent un peu trop pour leurs pots! un peu plus de classe ne leurs ferait pas de mal! Sinon nous avons hyper bien diner , bravo aux cuisiniers, tout etait délicieux!!

  11. lulu 5 October 2008 12:32

    Nouvelle visite, la derniere cette fois ci… car de nouveau déçue… pourquoi ca ne marche plus…

  12. mrlung 5 October 2008 13:08

    @Lulu
    Des ratés, des soirs sans… il y en a malheureusement toujours. Comme je le dis toujours, il m’est arrivé de mal dîner au Bristol. Mais il y a tellement de bonnes tables à découvrir !

Laisser un commentaire

*